"Fia-Net ajoute la garantie technique à la garantie financière"

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Latribune.fr - Fia-Net, spécialiste de l'assurance des transactions électroniques, amorce sa diversification dans les technologies avec la commercialisation d'un système d'analyse des commandes, destiné à permettre aux cyber-marchands de détecter les fraudeurs quasiment en temps réel. A quelle demande correspond le lancement de ce système ?David Botvinik.- Nous assurons aujourd'hui 1.200 sites marchands, via nos garanties "consommateurs" et "vendeurs". Nous savons que ces sites sont continuellement les cibles de tentatives de fraudes... et que les commerçants sont les véritables victimes de ce phénomène. Or l'explosion de la cyber-fraude est une réalité : en 2000, nous avions enregistré des déclarations de fraudes pour un total de 260.000 euros (1,7 million de francs) ; l'an dernier, ce chiffre a atteint 1,37 million d'euros (9 millions de francs). Soit une hausse de 425% sur un marché qui n'a que doublé ! Nous pensons donc que, face à des fraudeurs qui se mutualisent, il faut passer à l'action préventive pour empêcher la fraude. Le système d'analyse des commandes vise donc à identifier le fraudeur pendant qu'il achète sur le site marchand. Il fonctionne sur trois niveaux. Le premier est la vérification de la cohérence entre les informations fournies pendant la commande et les annuaires : il s'agit par exemple de vérifier que tel nom correspond bien à telle adresse. La deuxième étape consiste à confronter ces informations à notre fichier incidents et la troisième à vérifier l'historique de consommation de l'acheteur, en contrôlant les informations mutualisées par les 1.200 sites assurés par Fia-Net. Ce système constitue pour nous une diversification naturelle : depuis sa création, Fia-Net joue le rôle de tiers de confiance. Nous avons commencé par la garantie financière, nous continuons aujourd'hui avec la garantie technique. Les deux éléments sont de plus en plus indissociables. Ce développement a nécessité trois millions de francs d'investissements. Mais en deux mois de tests, il a déjà permis de repérer 200 tentatives de fraudes portant sur 150.000 euros. Comment évolue la fraude sur Internet ? A l'évidence, les fraudeurs en ligne sont de plus en plus puissants et de plus en plus organisés. Ils sont par exemple capables de fournir à un site marchand de faux justificatifs d'identité et de domicile. Mais une chose reste très nette : la fraude sur Internet trouve le plus souvent son origine dans le monde physique. Le point de départ peut être un vol de facturette de carte bancaire ou le relevé du numéro et de la date d'expiration de la carte par un commerçant ou un employé indélicat, dans un magasin, un café ou une station-service par exemple. Le système d'analyse des commandes vise aussi à lutter contre cette professionalisation de la fraude : aujourd'hui, si un fraudeur "professionnel" se fait repérer sur un site, il lui suffit de changer de site pour faire une nouvelle tentative. Avec la mutualisation des informations, il sera repéré par tous les sites du réseau : nous serons capables de dire si douze adresses correspondent à un même nom ou si un même numéro de carte est utilisé simultanément sur 14 sites marchands. Des exemples qui sont hélas réels...Mais il faut le répéter : dans la très grande majorité des cas, le piratage n'a pas lieu sur Internet. Il faut le souligner : il n'y a jamais eu de détournement massif de données bancaires en France. On parle de plus en plus du développement de la signature électronique. Peut-elle être une solution aux problèmes de sécurité du cyber-commerce ? Au vu des problèmes de diffusion de la signature électronique, il est illusoire de croire qu'on mettra ça en place en quelques mois. La signature électronique nécessite un changement d'habitudes de l'internaute. Et je pense que ce changement doit avant tout être gratuit. On l'a vu avec l'expérience du boitier sécurisé Cybercomm : cela revient à imposer à l'internaute un système payant pour améliorer la garantie du commerçant, puisque l'internaute bénéficie déjà d'une garantie complète. Mais le jour où le marché de la signature électronique sera mature, où les cartes seront distribuées, Fia-Net en sera certainement l'un des acteurs. Notre évolution vers la technologie constitue un pas dans cette direction. Pour Fia-Net, le lancement du système d'analyse des commandes correspond à une diversification. Comment évolue votre activité ? Notre modèle économique fait que nous sommes très dépendants de l'évolution des ventes des commerçants en ligne. Or ce marché, qui représentaient 4 milliards de francs en 2000, est estimé à 10 milliards en 2001. Nous tablons donc sur des volumes d'activité nous permettant de rentabiliser l'activité dès cette année. Mais nous ne communiquons pas sur notre chiffre d'affaires.

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