Le FBI arrête deux anciens dirigeants de WorldCom

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L'enquête des autorités fédérales américaines sur la plus grosse faillite de l'histoire du pays a débouché sur ses premières arrestations : les enquêteurs du FBI chargés du dossier WorldCom ont interpellé deux anciens dirigeants du groupe, l'ex-directeur financier Scott Sullivan et l'ex-contrôleur de gestion David Myers.Tous deux sont soupçonnés d'avoir joué un rôle-clé dans le truquage des comptes de l'opérateur de télécommunications. Révélées en juin, ces fraudes ont porté sur un total de 3,85 milliards de dollars et ont précipité la chute du groupe, qui s'est placé il y a dix jours sous la protection de la loi sur les faillites. Scott Sullivan, licencié le jour de la révélation des fraudes, et David Myers ont été placés en garde à vue dans les bureaux new-yorkais du FBI. Présentés menottés devant les caméras de télévision après leur arrestation, ils devaient être conduits dans la journée devant un tribunal fédéral habilité à prononcer leur inculpation. Sept chefs d'inculpation sont retenus contre eux par les enquêteurs, notamment ceux de conspiration en vue d'une fraude boursière, fraude boursière et falsification de documents comptables transmis à la SEC (Securities & Exchange Commission). En cumulant les peines maximales prévues pour ces délits, ils pourraient encourir plusieurs dizaines d'années de prison et plus d'un million de dollars d'amende.Ces arrestations constituent une première étape significative dans l'enquête sur la chute de WorldCom, mais elles ne suffiront sans doute pas à satisfaire les actionnaires et salariés du groupe directement lésés par sa faillite, ni la presse américaine, qui réclame des sanctions exemplaires. Le prochain sur la liste des ex-dirigeants arrêtés devrait logiquement être Bernie Ebbers, l'ancien PDG du groupe, débarqué en avril alors que l'on ignorait encore la réalité des fraudes. Comme Bernie Ebbers, Scott Sullivan, appelé à témoigner le mois dernier devant une commission d'enquête du Congrès américain, avait refusé de s'expliquer en se réfugiant derrière le cinquième amendement de la constitution. Celui-ci permet à une personne mise en cause dans une affaire judiciaire de garder le silence pour ne pas risquer de se porter préjudice.Les anciens dirigeants de WorldCom pourraient ainsi être les premiers à subir le durcissement de la loi sur la répression des financières, signé mardi par George W. Bush. Le nouveau texte, baptisé "Corporate Auditing Accountability Act" (loi sur la responsabilité des comptes des entreprises), est marqué par un quadruplement des peines de prison encourues par les dirigeants fraudeurs, qui risquent désormais jusqu'à 20 ans de prison. Le texte est cependant déjà critiqué : il prévoit en effet la clémence pour les cadres des entreprises visées qui assistent la justice dans ses investigations et acceptent de témoigner contre leurs supérieurs. Selon le Wall Street Journal, les avocats de Scott Sullivan s'efforceraient de conclure avec le FBI un accord de ce type.

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