Swisscom n'échappe pas aux restructurations

Se classant parmi les "pères tranquilles" du secteur européen des télécoms, en raison de son faible endettement et de la stabilité de son périmètre, Swisscom n'a pas pour autant les moyens d'échapper totalement à la crise du secteur. Pour preuve, le groupe semi-public helvétique va restructurer sa division Swisscom Systems, spécialisée dans la vente d'équipements et de services aux entreprises, où "la situation est particulièrement tendue", explique-t-il. Cette réorganisation devrait aboutir à 400 suppressions d'emplois, auxquelles s'ajouteront 50 suppressions de postes dans la filiale Swisscom IT Services. "Les postes supprimés dans le secteur de la clientèle commerciale sont inclus dans les quelque 3.000 postes au total dont la disparition a déjà été annoncée en mars 2000", souligne Swisscom. Ce nouveau plan a néanmoins provoqué le départ de Werner Steiner, le PDG de Swisscom Systems, en désaccord avec les mesures décidées par la maison-mère. Les résultats semestriels de l'ensemble du groupe sont mitigés : le chiffre d'affaires progresse de 1,7%, à 7,129 milliards de francs suisses, mais l'Ebitda (équivalent de l'excédent brut d'exploitation) recule de 0,5% à 2,268 milliards. Le bénéfice net, lui, est divisé par sept à 780 millions de francs, mais le premier semestre 2001 avait été marqué par d'importantes cessions, notamment celles de 25% de Swisscom Mobile à Vodafone et d'une partie du parc immobilier.L'activité fixe, en hausse de 0,3%, a notamment été affectée par le nouveau plan de numérotation mis en place en Suisse au printemps, qui a favorisé la concurrence ; le mobile reste dynamique avec un chiffre d'affaires en hausse de 3,6% et 115.000 nouveaux clients en six mois, soit un total de 3,49 millions d'abonnés. La filiale allemande Debitel, elle, affiche une hausse de son chiffre d'affaires de 5,3% en euros, mais de 1,2% seulement en francs suisses. Elle a en outre perdu près de 400.000 clients en six mois.Pour l'ensemble de l'année, Swisscom table sur un maintien des tendances du premier semestre, soit une "légère" progression du chiffre d'affaires et un Ebitda "comparable" à celui de 2001, soit 4,4 milliards de francs suisses. Le résultat net, lui, devrait être en net recul, faute de nouvelles cessions. Et au contraire, c'est désormais aux acquisitions que songe le groupe. Après avoir, faute de cibles jugées intéressantes, consacré au premier semestre 4,3 milliards de francs suisses à racheter 10% de ses actions, le groupe n'exclut pas d'investir dans la communication de données, l'hébergement, l'informatique ou les services mobiles. Mais il souligne que "toutes les options de croissance s'offrant à Swisscom à l'étranger" ont été examinées sans qu'aucune ait été retenue. Pour l'instant. Car "en raison de la baisse substantielle des prix sur les marchés de capitaux, les acquisitions deviennent plus attrayantes", souligne Swisscom dans une lettre à ses actionnaires. Le groupe dispose d'un confortable trésor de guerre et pourrait consacrer jusqu'à dix milliards de francs suisses à des rachats. Il lorgne ouvertement sur ses grands voisins engagés sur la voie du désendettement : "on peut imaginer que des opérateurs historiques pourraient souhaiter vendre certaines de leurs activités et préféreraient que ce soit à un autre opérateur plutôt qu'à une banque ou un fonds d'investissement", souligne Jens Alder, le directeur général du groupe. Il s'est cependant refusé à évoquer un intérêt particulier pour Cegetel, filiale de Vivendi Universal.A la Bourse de Zurich, l'action Swisscom a reculé jeudi de 0,36%, clôturant à 417,50 francs suisses. Le titre limite à 9,5% son recul depuis le début de l'année, contre plus de 40% pour le Dow Jones European Telecom Index.

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