Les résultats de Motorola, un test pour le secteur de la téléphonie mobile

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Motorola a ouvert mardi soir le bal des résultats trimestriels des grands équipementiers de la téléphonie mobile, avant le finlandais Nokia jeudi et le suédois Ericsson vendredi. Forcément mauvais après une année 2001 de cauchemar, jalonnée de trois avertissements sur résultats successifs, le quatrième trimestre de Motorola était attendu comme un premier indicateur des perspectives du début de l'année 2002 et comme l'occasion de mesurer l'avancée de la restructuration du groupe.Au dernier trimestre 2001 - et pour la quatrième fois depuis le début de l'année - le second fabricant de téléphones mobiles affiche une perte opérationnelle de 90 millions de dollars et un chiffre d'affaires en baisse sur un an de 25 % à 7,3 milliards de dollars. Comme prévu par les analystes, l'équipementier américain enregistre ainsi sa première perte opérationnelle annuelle depuis la crise de 1929. En effet, en 2001, sur les six divisions que compte le groupe, trois - les terminaux mobiles, les semi-conducteurs et les composants électroniques - ont perdu de l'argent. Tout comme la division semi-conducteurs, la division terminaux a été touchée de plein fouet par une chute de la demande l'an dernier, dont les grands des mobiles ne semblent pas encore mesurer toute l'ampleur. Les chiffres des ventes annuelles mondiales n'ont cessé d'être révisés, passant de 450 millions d'unités début 2001 à 380 millions aujourd'hui.Par ailleurs, les très stratégiques ventes de fin d'année ont été inférieures aux attentes. Comme l'an passé, elles pourraient donc générer d'importants stocks d'invendus pour les fabricants et les détaillants. Une inquiétude renforcée par le récent avertissement sur résultats émis par l'allemand Balda, le sous-traitant qui fabrique les coques en plastique des appareils pour les grands de l'industrie. Motorola l'a implicitement confirmé : dans la conférence téléphonique organisée mercredi, Mike Zafirovski, le président de la division mobiles, a reconnu que le secteur a entamé 2002 avec des stocks "légèrement supérieurs aux attentes habituelles à ce stade de l'année". De plus, le groupe de Chicago a de nouveau abaissé sa prévision pour le marché mondial des mobiles : alors qu'il tablait encore le mois dernier sur des ventes de 420 à 460 millions d'unités, il ne parle plus, désormais que de 420 millions ou plus, ce "plus" étant conditionné à une éventuelle reprise de l'économie au second semestre. Par ailleurs, le groupe attend une baisse des ventes globales des équipements pour réseaux de téléphonie mobile supérieure à 10% en 2002, pour une légère reprise de la croissance l'année suivante.Du coup, Motorola n'attend pas de retour aux bénéfices avant le troisième trimestre de son exercice. Au premier trimestre, il table sur une perte comprise entre 11 et 14 cents par action, pour un chiffre d'affaires de 6 à 6,1 milliards de dollars. Sur l'ensemble de l'exercice, il assure être en mesure de dépasser les prévisions des analystes qui tablent sur un profit de 4 cents par action. Il pense même pouvoir atteindre un bénéfice de 15 cents par action. Mais indépendamment de la conjoncture, c'est aussi l'impact de la restructuration engagée par Motorola qui est sous surveillance. Le groupe s'est séparé d'un tiers de ses effectifs, passant de 150.000 employés à 103.000 à la fin 2001, et ce en dix-huit mois. Il y a quelques jours encore, de nouvelles suppressions d'emplois ont été annoncées. L'an dernier, cette réduction des coûts a eu pour effet mécanique de revigorer les marges opérationnelles, celle des mobiles redevenant ainsi légèrement positive de 0,6 % au troisième trimestre. La restructuration n'est pas terminée pour autant : le groupe prévoit de prendre "de nouvelles mesures" d'ici la fin du premier trimestre pour économiser 200 millions de dollars supplémentaires cette année. Car une plus vaste restructuration ne semble pas écartée par certains analystes. La division semi-conducteurs, dont la rentabilité n'est pas assurée, pourrait ainsi être cédée. Son concurrent STMicroelectronics, qui a annoncé parallèlement dans la nuit avoir obtenu un résultat net de 45 millions de dollars au dernier trimestre 2001, pourrait profiter de la faiblesse de l'américain. En attendant, Motorola a annoncé la fermeture sur les 15 prochains mois de 4 de ses neuf usines de puces, une mesure qui va entraîner la suppression de 2.500 postes supplémentaires.A New York, le titre Motorola recule mercredi légèrement de 0,59% en milieu de séance à 13,45 dollars.Olivier Nicol

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