Sprint pessimiste pour 2002

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Dans le rouge fin 2001, Sprint broie du noir pour 2002. Le troisième opérateur de télécommunications américain, victime à la fois du ralentissement du trafic et de la guerre des prix, a publié une perte trimestrielle plus importante que prévu pour les trois derniers mois de l'année écoulée. Et il s'attend à un résultat annuel 2002 situé dans le bas de la fourchette de ses précédentes estimations. Le groupe, bicéphale depuis qu'il a coté sa branche mobile, Sprint PCS, séparément de Sprint FON, qui regroupe les télécommunications locales, la longue distance et les services aux entreprises, souffre en fait du ralentissement simultané de plusieurs de ses marchés. Pour l'ensemble du groupe, l'année 2001 se solde par une hausse limitée à 10% du chiffre d'affaires, à 26,07 milliards de dollars. Et 2002 ne sera pas l'année d'une franche reprise, annonce d'ores et déjà le groupe. La croissance et la rentabilité de l'activité mobile, déjà faibles au quatrième trimestre 2001, devraient rester décevantes tout au long de cette année. L'ARPU (chiffre d'affaires moyen par abonné) n'a augmenté qu'à la marge sur les trois derniers mois de l'année, à 61 dollars contre 60 dollars un an plus tôt. Sur l'année, il progresse de 3% seulement. Et Sprint PCS n'a conquis que 1,11 million de nouveaux abonnés directs sur la période octobre-décembre, là où les analystes tablaient sur 1,3 million. La croissance du chiffre d'affaires trimestriel dans le mobile ne dépasse pas 42%, à 2,76 milliards de dollars, contre 58% sur les trois trimestres précédents. Pour 2002, Sprint PCS ne table plus désormais que sur 3 millions de clients supplémentaires (pour un total de 15,8 millions fin 2001), au lieu des 3,6 à 3,7 millions évoqués jusqu'à présent et des 5,1 millions engrangés en 2001. L'Ebitda (équivalent de l'excédent brut d'exploitation) devrait néanmoins doubler par rapport à 2001, pour atteindre 3 milliards de dollars. Pour Sprint FON, la situation n'est guère plus brillante. La division a perdu 906 millions de dollars au quatrième trimestre, plombée par le coût de l'abandon, en octobre, du projet de réseau à haut débit ION, censé permettre aux abonnés de téléphoner, envoyer et recevoir des faxes et naviguer sur Internet sur une seule et même ligne. Le chiffre d'affaires trimestriel de Sprint FON, quant à lui, recule de 8,7% à 4,01 milliards de dollars : l'activité longue distance a chuté de 11,3% en un an et, plus préoccupant, celle des services de données, censée générer une croissance plus dynamique et de plus fortes marges, accuse une baisse de 13% sur le trimestre. La téléphonie locale se révèle ainsi le seul foyer de croissance de Sprint FON, avec une hausse de... 1% de ses ventes. En 2002, Sprint FON devrait réaliser, hors charges liées au projet ION, un bénéfice par action de 1,40 dollar, soit le bas de la fourchette de 1,40 à 1,50 dollar évoquée jusqu'alors. Après avoir annoncé 6.000 suppressions d'emplois l'an dernier, le groupe n'évoque pour l'instant pas de réduction supplémentaire de ses effectifs, qui atteignent encore 80.000 personnes. Mais il a déjà revu à la baisse ses prévisions d'investissement 2002 (à 3,4 milliards de dollars contre 3,5 milliards) et les analystes financiers s'attendent à un nouveau plan social. A Wall Street, les résultats publiés par le groupe et les perspectives détaillées pour 2002 ont fait l'effet d'une douche froide : en milieu de séance mardi, l'action Sprint FON chutait de 10,31% à 14,36 euros, tandis que Sprint PCS reculait de 22,02% à 10,73 dollars, toutes deux tombant ainsi à un nouveau plus bas sur un an.latribune.f

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