Le secteur des puces secoué par les mauvaises nouvelles

Il ne fait décidément pas bon être fabricant de semi-conducteurs ou actionnaire d'un acteur du secteur par les temps qui courent... En quelques heures, le marché des puces a été agité par trois mauvaises nouvelles qui risquent de peser sur le moral des investisseurs et qui assombrissent un peu plus un paysage déjà bien morne. Mardi soir, les "profit warnings" d'Apple et AMD, numéro deux mondial des microprocesseurs pour PC, ont confirmé, quinze jours après une annonce similaire du N°1 Intel, l'atonie du marché du PC (lire ci-contre). Les particuliers et surtout les entreprises semblent encore loin d'avoir repris leurs achats d'ordinateurs personnels et les distributeurs peinent à réduire leurs stocks. Dans ces conditions, même si les prévisions pour les ventes mondiales de PC ont été revues légèrement à la hausse pour 2002, les mois à venir risquent d'être encore difficiles pour les grands noms de l'informatique. A commencer par les fabricants de puces, déjà engagés dans une guerre des prix sans merci pour tenter de grignoter des parts de marché, seul moyen d'assurer un minimum de croissance de leurs ventes.Deuxième front ouvert contre le secteur : l'ouverture par les autorités américaines de la concurrence d'une enquête sur de possibles pratiques illégales sur le marché des DRAM. Premiers visés : l'Américain Micron Technology et le Sud-Coréen Samsung, numéro un de ce marché de 12 milliards de dollars. Micron, qui a reçu lundi une convocation devant un grand jury, "ne pense pas avoir violé les lois antitrust américaines", a souligné un vice-président du groupe. "Le marché des DRAM est très concurrentiel et sujet à une extrême volatilité. La vigueur de la concurrence a poussé les prix des DRAM à des plus bas sans précédent". De fait, après une éphémère reprise entre novembre et mars, les prix des DRAM sur les marchés mondiaux ont retrouvé au printemps une tendance à la baisse qui les a ramenés en dessous des cours de production. Un phénomène qui a coûté cher aux producteurs l'an dernier, poussant notamment le sud-coréen Hynix au bord de la faillite.A titre d'exemple, une "barrette" de 128 mégaoctets de mémoire se négocie actuellement autour de 2,50 dollars, selon le site spécialisé Converge, contre 4,60 dollars au plus haut en mars... et un coût de production évalué entre 4,50 et 5 dollars. Les cours étaient tombés en novembre jusqu'à 80 cents. Cette évolution peut inciter la justice américaine à soupçonner les producteurs de pratiquer un dumping délibéré. La difficulté pour une enquête de ce type est de déterminer le coût réel de production, en prenant en compte les très lourds investissements engagés par les producteurs et leurs sous-traitants pour construire les lignes de production.Si les enquêteurs décident de pousser plus loin leurs investigations, Micron et Samsung pourraient ne pas rester longtemps les seules cibles de l'enquête : l'Allemand Infineon a déjà annoncé avoir été contacté par la justice américaine, sans que celle-ci ait formulé des demandes précises. Logiquement, les Japonais Toshiba et NEC, tous deux également grands producteurs de DRAM, devraient aussi être impliqués.La dernière mauvaise nouvelle en date pour le monde des puces concerne le numéro un mondial emblématique : Intel. Le groupe a annoncé mardi soir la fermeture de son activité d'hébergement de sites Internet. Créée en 1999, Intel Online Services fermera définitivement dans un an, le temps de permettre à ses clients actuels de trouver de nouveaux prestataires. Intel inscrira dans ses comptes du deuxième trimestre une charge exceptionnelle de 100 millions de dollars pour couvrir les frais liés à cette fermeture. Une charge qui n'était pas mentionnée dans le communiqué révisant à la baisse les prévisions trimestrielles du groupe, il y a deux semaines (lire ci-contre). Venant couronner une journée riche en mauvaises nouvelles, cette annonce a donc de quoi attiser les craintes de voir les comptes des grands de la high-tech receler encore des foyers de pertes insoupçonnés. Dans le contexte actuel, les investisseurs s'en passeraient volontiers...A Wall Street, le coup de blues est sensible : en milieu de séance, l'indice de référence du secteur, le Philadelphia Semiconductor Index, reculait de 2,4%. Parmi les grandes valeurs, Intel perdait 4,72%, AMD 11,17% et Micron Technology 9,83%.

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