Quelques jours de sursis pour KPNQwest

Le réseau de KPNQwest fonctionne toujours : la menace brandie par l'opérateur néerlandais en faillite d'une fermeture à midi faute d'argent frais n'est plus d'actualité. KPNQwest a en effet gagné quelques jours de survie supplémentaires en convainquant plusieurs clients de régler certaines factures, et en amadouant Alcatel, l'un de ses principaux créanciers. Selon l'un des administrateurs judiciaires, cité par l'AFP, Alcatel, qui aurait exigé il y a quelques jours le paiement immédiat de 15 millions d'euros, se montre désormais "très coopératif". Le groupe français, dont les créances sur KPNQwest atteindraient 100 millions d'euros, a officiellement annoncé hier qu'il "continue à fournir le support au réseau de KPNQwest", afin que celui-ci puisse opérer normalement.Il n'est donc plus question d'ultimatum du Français au Néerlandais. Reste pour KPNQwest à s'assurer que les sommes promises ces derniers jours par les clients arrivent bien sur ses comptes bancaires. Dans le cas contraire, le réseau de 25.000 kilomètres de fibre optique du groupe, qui relie une soixantaine de villes dans 18 pays, pourrait subir des coupures, voire une interruption totale du trafic. Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, KPN, fondateur, deuxième actionnaire et grand client de KPNQwest, aurait notamment accepté de payer la moitié des 8,8 millions d'euros qu'il doit à sa filiale. Mais les sommes attendues ne couvrent les besoins en liquidités que pour "quelques jours de plus", précise-t-on de même source. La date du 30 juin évoquée il y a quelques jours comme date-butoir pour les négociations sur une éventuelle reprise peut donc encore être remise en cause.La fermeture du réseau serait particulièrement dommageable alors que les discussions entre les administrateurs judiciaires et les repreneurs potentiels se poursuivent. Elle entraînerait en effet une fuite des clients - déjà bien entamée - qui dévaloriserait fortement KPNQwest. Avant son dépôt de bilan, l'opérateur comptait quelque 100.000 clients. Mais au-delà des seuls intérêts de KPNQwest, ce sont tous les internautes européens qui risquent d'en pâtir : selon un expert de Cap Gemini Ernst & Young cité par l'AFP, le réseau de l'opérateur néerlandais assure encore 40% du trafic Internet en Europe. Sa fermeture pourrait donc provoquer un ralentissement général des communications transitant sur Internet. A la Bourse d'Amsterdam, l'action KPNQwest, toujours échangée, vaut 8 centimes d'euro. Soit moins d'un millième de sa valeur du début 2000... La capitalisation boursière du groupe est désormais inférieure à 40 millions d'euros.

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