Pour Marconi, la crise se prolonge encore plus que prévu

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Marconi croyait peut-être avoir touché le fond, mais l'équipementier de télécoms britannique a subi vendredi une nouvelle descente aux enfers : à la Bourse de Londres, le titre perdait 47% en clôture vendredi, à 9,55 pence, à la suite de la publication par le groupe d'un communiqué alarmiste sur son activité et les négociations en cours avec ses banques. A ce niveau de cours, la capitalisation boursière du groupe dépasse à peine 250 millions de livres ; Marconi en valait près de 34 milliards à son apogée, début 2000.S'il table encore sur une progression de ses ventes entre le troisième et le quatrième trimestre de l'exercice en cours (qui s'achève le mars le 31 mars), Marconi admet que cette reprise sera "considérablement moins prononcée qu'au cours de l'année précédente". "Les conditions de marché au cours du trimestre ont continué de se détériorer", explique le groupe. Et pire encore, ses dirigeants estiment désormais que l'incertitude persistera au-delà du prochain exercice, qui s'achèvera en mars 2003.Dans ce contexte assombri, les bases sur lesquelles Marconi a engagé des discussions avec ses banques créancières pour tenter d'obtenir une nouvelle ligne de crédit semblent aujourd'hui dépassées. Les dirigeants du groupe ont tenu vendredi une nouvelle réunion avec leurs interlocuteurs bancaires, à l'issue de laquelle Barclays et HSBC, coordinateurs des créditeurs, "ont confirmé le soutien de principe des banques à la poursuite du travail avec Marconi pour parvenir à une proposition de refinancement acceptable pour toutes les parties". Pour obtenir ce soutien très formel, les dirigeants de Marconi ont dû faire des concessions : il ont accepté de renoncer à des facilités de crédits sur deux prêts syndiqués d'un montant total de 4,5 milliards d'euros. Les banques conservent en revanche le droit d'exiger le remboursement de 2,2 milliards de livres (environ 3,5 milliards d'euros) en mars 2003. Malgré ces précisions qui se veulent rassurantes, le spectre de la faillite pure et simple du groupe risque de ressurgir. En janvier, Marconi avait annoncé 4.000 nouvelles suppressions d'emplois (s'ajoutant aux 8.000 décidées entre septembre et décembre), destinées à ramener les dépenses annuelles du groupe sous le seuil d'un milliard de livres (1,61 milliard d'euros) en fin d'exercice et à 870 millions de livres dans un an. Mais malgré ces mesures, la marge brute et la perte opérationnelle ne devraient pas marquer d'amélioration entre le troisième et le quatrième. Au troisième trimestre (octobre-décembre 2001), les ventes avaient chuté de 37% par rapport à la même période de 2000 et les commandes avaient baissé plus nettement encore, reculant de 43% (lire ci-contre)Quant à la dette du groupe, elle devrait se situer entre 2,7 et 3,2 milliards de livres au 31 mars. Après avoir multiplié les cessions d'actifs ces derniers mois, encaissant 1,6 milliard de livres depuis septembre, le groupe risque aujourd'hui l'asphyxie financière : deux prêts syndiqués pour un total de 7,5 milliards d'euros arrivent à échéance en mai 2003.

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