France Télécom proposerait de racheter les parts détenues par Schmid dans MobilCom

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Pressé de mettre un terme à la querelle qui l'oppose depuis plusieurs semaines à MobilCom, France Télécom proposerait de racheter 33% de la société au président du directoire, Gerhard Schmid. Le groupe français, actionnaire de MobilCom via sa filiale Orange qui détient 28,5% du groupe allemand, ne veut pas financer les projets de développement du groupe allemand dans l'UMTS. Selon l'édition de ce matin du Financial Times, France Télécom aurait proposé 2,75 actions d'Orange pour chaque action MobilCom détenue par Schmid, valorisant l'action à 22 euros alors que MobilCom a clôturé à 13,70 euros vendredi. Cette offre serait, selon le quotidien britannique, menée par des banques qui feraient ainsi office d'intermédiaires pour France Télécom. Le journal précise qu'il ignore si ces banques garderont le contrôle de ces 33% du capital de MobilCom, ce qui épargnerait au groupe français de lancer une offre sur la totalité des actions de l'opérateur allemand. Tandis que France Télécom précise assure être "toujours en discussions avec MobilCom" sans avoir conclu le moindre accord, le groupe allemand se refuse pour l'instant à commenter ces informations. Hier, dans un entretien à un quotidien allemand, Gerhard Schmid menaçait d'intenter une action en justice contre son actionnaire français mais soulignait qu'il ne serait pas un obstacle dans le cas où France Télécom voudrait racheter MobilCom.Si France Télécom se voyait contraint à lancer une offre sur la totalité du capital de MobilCom, alors la stratégie de désendettement annoncé par le groupe français serait fortement compromise. A la fin 2001, la dette du groupe se montait à 60 milliards d'euros et de l'aveu même de Michel Bon, la semaine dernière lors de la présentation des résultats annuels du groupe, une prise de contrôle de MobilCom se traduirait par un "accroissement de l'endettement du groupe d'environ 6 à 7 milliards d'euros".Les efforts entrepris par le groupe pour trouver à ce dossier une issue convenable sont motivés par une logique plus financière que stratégique : dans un entretien à La Tribune ce matin, Michel Bon confirme son intention de jouer, à terme, un rôle secondaire sur le marché allemand. "Il est certain qu'un jour France Télécom sera très dilué au moment où la consolidation du marché se fera", explique-t-il, soulignant que, "avec les licences UMTS et le changement du contexte, il n'y a pas de place pour quatre opérateurs de mobiles sur ce marché". Et le PDG de France Télécom de conclure qu'"il ne faut donc pas que MobilCom s'échine à vouloir rester seul, il y perdrait énormément d'argent". La semaine dernière, en présentant les résultats 2001 du groupe, Michel Bon avait ébauché trois scénarios possibles sur l'évolution de ce dossier. Le premier et favori est celui d'un statu quo, mais avec comme préalable le départ de Gerhard Schmid, dans la perspective d'une consolidation rapide du marché mobile allemand. Dans la deuxième hypothèse, Gerhard Schmid appliquerait les accords conclus avec France Télécom tout en s'opposant au plan de financement de l'UMTS élaboré par les Français, ce qui l'autoriserait à exercer son option de vente de ses parts. Le dernier scénario est judiciaire : dans le cas d'absence de compromis entre les deux parties, France Télécom et MobilCom se retrouveraient devant la justice. Sur le Neuer Markt, l'action MobilCom gagnait 9,05% en fin de journée à 14,94 euros. A Paris, France Télécom a terminé la séance sur un recul de 0,65% à 33,68 euros; Orange, après avoir passé la majeure partie de la journée dans le rouge, a terminé sur un gain de 0,13% à 7,92 euros.

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