Lucent repousse à 2003 son retour à la rentabilité

Contrairement à ce que l'embellie boursière observée ces deux dernières semaines laissait espérer, le secteur des télécoms ne semble pas apercevoir le bout du tunnel. L'américain Lucent douche les espoirs de tous ceux qui, dans le sillage de prévisions macro-économiques optimistes, pariaient sur un rebond de l'activité du secteur. Dans un communiqué publié cet après-midi, non seulement l'équipementier en télécommunications revoit en baisse ses prévisions de chiffre d'affaires pour son deuxième trimestre 2002 (qui s'achèvera en mars) mais il repousse également à 2003 la perspective d'un retour à la rentabilité.Deux semaines après son arrivée aux commandes de Lucent, Patricia Russo, en présentant les résultats trimestriels du groupe, avait fait preuve d'un certain optimisme. Même si elle soulignait les incertitudes du marché, elle pronostiquait pour Lucent une hausse de 10 à 15% des ventes au second trimestre par rapport au premier. Aujourd'hui, les incertitudes sont toujours là et Lucent se voit contraint d'abaisser ses prévisions de chiffre d'affaires. Le groupe ne table plus que sur une progression séquentielle comprise entre 0 et 10%, ce qui amènerait les ventes entre 3,47 et 3,82 milliards de dollars. Dans son communiqué, qui s'abstient de toutes prévisions de bénéfices, il souligne que "les grands fournisseurs de services continuent de réduire ou de repousser leurs dépenses". Dans ces conditions, et même si le groupe s'attend à réduire une nouvelle fois sa perte trimestrielle, Lucent n'en repousse pas moins à 2003 son retour à la rentabilité. Le 23 janvier dernier, Lucent annonçait vouloir ramener son seuil de rentabilité à 4,25 milliards de dollars de chiffre d'affaires trimestriel d'ici à la fin de l'année fiscale 2002 (lire article ci-contre). En repoussant à 2003 l'échéance du retour au profit, Lucent admet soit qu'il ne pourra au cours de cet exercice atteindre un tel niveau trimestriel de ventes, soit que les efforts consentis en matière de restructuration n'ont pas été suffisants. Lucent a mené depuis l'année dernière de sévère coupes dans ses coûts, cédant certaines de ses activités comme la fibre optique ou réduisant très nettement ses effectifs à travers des licenciements ou de la sous-traitance. Seul aspect positif des annonces de Lucent, celui-ci maintient son objectif de marge brute de 35% en 2003.Première sanction concrète pour le groupe après ces annonces : Standard & Poor's a abaissé sa note sur la solidité financière de Lucent à B+ contre BB-, tandis que Moody's a placé la note de sa dette à long terme sous revue dans la perspective d'une baisse. Lucent avait vu ses notes rétrogradées l'an dernier au rang de celles des "junk bonds", les obligations à haut risque. Moody's redoute notamment une érosion plus rapide que prévu de la trésorerie du groupe, qui atteignait 3 milliards de dollars fin 2001.A Wall Street, le titre Lucent cédait 9,74% à 5,75 dollars en clôture mardi soir, après avoir brièvement atteint en début de séance un nouveau plus bas historique à 5 dollars. latribune.f
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