Syndicats et actionnaires de FT s'en prennent au gouvernement

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La situation de France Télécom ne laisse personne indifférent. Syndicats, actionnaires et politiques ont multiplié les déclarations au cours de la journée de vendredi, exprimant leurs déceptions, désignant les coupables, exigeant des solutions. Syndicats - La CFDT des Postes et Télécoms a demandé à l'Etat de trouver rapidement des "mesures financières urgentes", ne spoliant pas les actionnaires. Elle s'est d'ailleurs montrée catégoriquement "défavorable à une augmentation massive du capital qui, poussée par les banques, conduirait à une spoliation des petits porteurs et des actionnaires salariés". Marc Blondel a déploré pour sa part les pertes et l'endettement record, les qualifiant de "véritable gâchis". Au sujet de Michel Bon, le secrétaire général de Force Ouvrière ne mâche pas ses mots, le traitant de "mégalomane". "Il y a quelque chose de comparable avec Messier. Mais sont aussi responsables les administrateurs qui représentaient le gouvernement", a-t-il estimé. La CGT craint de son côté que "la logique financière pousse au dépeçage de l'entreprise", selon les déclarations de Jean-Christophe Le Duigou, le secrétaire confédéral, qui n'exclut pas de futures suppressions d'emplois. En ce qui concerne le rôle de l'Etat, il a insisté sur "la gestion par les pouvoirs publics de ces dernières années, extrêmement périlleuse", citant notamment les conditions d'ouverture du capital de FT, la concurrence, la stratégie internationale et l'affaire des licences UMTS. "Cela relève de l'Etat qui ne peut pas être simplement un investisseur comme les autres", a-t-il conclu. Le président de la CFE-CGC, Jean-Luc Cazettes, a lui aussi pointé du doigt la responsabilité de l'Etat actionnaire, qui "a fait prendre des risques inconsidérés" à France Télécom. Jugeant l'entreprise très performante, il ne s'inquiète en revanche pas pour son avenir. Enfin, pour la CSL-PTT, les principales fautives dans cette affaire, ce sont les banques. "Ce sont elles qui ont conseillé à leurs clients les valeurs technologiques dont France Télécom, encourageant ainsi la spéculation et ce sont elles qui ont conseillé l'entreprise et financé ses achats à l'étranger". Salariés actionnaires - Les salariés actionnaires estiment que l'Etat doit être le seul à renflouer l'opérateur et qu'il n'a pas à faire appel à l'épargne publique. "Il faut que l'Etat crache au bassinet. Ils nous ont fait faire des bêtises. Notamment avec les licences UMTS, ils ont exigé qu'on les paye en cash. L'Etat participait au conseil d'administration, c'est à lui de payer", a lancé la présidente de l'Association France Télécom Actionnariat Salarié (Aftas). Pouvoirs publics - Du côté du gouvernement, la ministre déléguée à l'Industrie Nicole Fontaine a voulu rassurer ce matin sur Europe 1. "Les pouvoirs publics prendront leurs responsabilités pour reconstituer les fonds propres de France Télécom. Ceci étant, il n'y a pas urgence, il n'y a pas de problème de trésorerie. Nous avons le temps de choisir les solutions les meilleures, le management le meilleur", a-t-elle estimé. Bruxelles - Répondant aux propos de Francis Mer diffusés vendredi matin sur RTL, Erkki Liikanen, porte-parole du commissaire à l'Industrie, a déclaré: "La Commission européenne a toujours favorisé une approche communautaire pour l'attribution des licences mais les pays membres ont insisté pour garder leurs prérogatives en la matière, ce qui a amené à une fragmentation du marché". Sur RTL, Francis Mer avait affirmé que l'Europe n'avait pas eu le courage de proposer des solutions intelligentes, laissant partir chaque pays de manière indépendante.

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