La Bourse ignore le soutien de Bercy à France Télécom

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La nouvelle chute de l'action France Télécom après les informations révélées par La Tribune sur les résultats semestriels du groupe et sur la possibilité d'une augmentation de capital a fini par obliger le ministère de l'Economie à sortir de son silence radio officiel sur le dossier. Mais les propos rassurants de Bercy n'ont eu qu'un effet limité : s'il a effacé la moitié de ses pertes en fin de matinée suite à la publication du communiqué du ministère, le titre est retombé en milieu d'après-midi vers ses plus bas du jour. En clôture, l'action chutait ainsi de 11,4%, à 10,18 euros, après être passée brièvement sous les 10 euros.Les déclarations de Bercy, de fait, ne règlent rien. Certes, le ministère promet des "mesures adéquates de soutien" au cas France Télécom rencontre des problèmes de refinancement et il souligne sa volonté d'adopter un comportement "d'investisseur avisé". Mais l'entourage de Francis Mer ne précise pas quelle forme pourrait prendre son soutien. Des précisions qui devront être rapidement apportées s'il se confirme, comme l'annonce La Tribune, que France Télécom annoncera la semaine prochaine une perte semestrielle historique de 10 à 15 milliards d'euros, liée à de nouvelles provisions exceptionnelles pour dépréciations d'actifs. Sur ce point, France Télécom, par la voix de son porte-parole Bruno Janet, a rappelé que les provisions comptables "sont toujours discutées avec les commissaires aux comptes et l'actionnaire principal", à savoir l'Etat et qu'elles "dépendent en grande partie du dossier MobilCom". De son côté Bercy souligne que "l'arrêté des comptes de France Télécom interviendra lors du prochain conseil d'administration de l'entreprise", le 12 septembre. Pour mémoire, la perte publiée pour l'ensemble de l'année 2001 avait atteint 8,28 milliards après l'inscription au bilan de 10,2 milliards de provisions exceptionnelles. Cette nouvelle opération "paille de fer" s'accompagnant d'un creusement supplémentaire de la dette, portée à 70 milliards d'euros, contre 60,7 milliards fin décembre, rendrait en outre quasiment inévitable une augmentation de capital qui pourrait avoisiner 10 milliards d'euros, poursuit La Tribune. L'Etat-actionnaire apporterait au moins la moitié de cette somme, un montant correspondant peu ou prou à sa participation de 54%. Cette injection d'argent frais serait évidemment destinée à éviter une crise de liquidités, principale menace pesant sur le groupe alors que 15 milliards d'euros d'obligations arrivent à échéance en 2003. La conjonction des deux hypothèses - perte historique et augmentation de capital - ne peut qu'alimenter, au moins à court terme, la défiance des investisseurs, déjà préoccupés par l'enlisement de l'affaire MobilCom en Allemagne et la décision de repousser d'une semaine la publication des résultats semestriels. S'y ajoutent les spéculations sur un remplacement de Michel Bon à la tête du groupe, le PDG payant pour les errements du passé, acquisitions onéreuses et endettement excessif, cautionnés par un gouvernement aujourd'hui remplacé.

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