Le réseau Ebone de KPNQwest commence à être débranché

Racheté à prix d'or en octobre dernier par KPNQwest, le réseau de fibre optique Ebone pourrait peu à peu cesser ses activités. Premier pays touché: la Belgique, où les salariés ont arrêté hier le réseau. "Les employés ont débranché le centre opérationnel, situé à Hoeilaert (près de Bruxelles), qui surveille le cheminement des grands fichiers informatiques sur le réseau en fibre optique Ebone", a déclaré à l'AFP Marc-André Verbeure, un responsable du syndicat socialiste Setca."Le réseau est graduellement fermé pays par pays", a confirmé une source bancaire chargée de la vente des actifs de KPNQwest, citée par Reuters. Un tiers des 25.000 km de fibre optique aurait déjà été débranché. Selon le Wall Street Journal, la décision de fermer le réseau a été prise après l'échec de négociations de reprise avec un ultime candidat potentiel. La transaction aurait été refusée par les administrateurs. Avant l'arrêt complet du réseau, la décision devrait provoquer des interruptions majeures de services dans l'accès Internet. "Je prévois des goulots d'étranglement qui devraient laisser des milliers d'entreprises sans accès Internet", a déclaré au quotidien des affaires, Graham Kinsey, un ingénieur d'Ebone. Ebone est le réseau de fibre optique racheté par KPNQwest en octobre dernier, une opération finalisée en mars dernier seulement. Il a permis à l'opérateur d'être présent notamment en Espagne, en Italie et au Royaume Uni. Mais l'opérateur a payé le prix de cette présence. Il a déboursé 645 millions d'euros pour le rachat et assumé 450 millions d'euros de passif. Il a pour cela procédé à une augmentation de capital de 210 millions d'euros. En tout cas, les analystes avaient jugé l'acquisition risquée.La fermeture d'Ebone devrait être particulièrement pénalisante pour les entreprises et les fournisseurs d'accès Internet de petite taille, les grands groupes disposant de solutions de rechange. KPNQwest, qui dispose du plus grand réseau de fibre optique d'Europe et de la plus importante capacité de transport de données, revendiquait un temps des clients tels que Microsoft, Dell ou Nokia. Mais l'annonce de sa faillite a fait fuir la plupart de ses grands comptes. En tout cas, l'arrêt des activités belges ne devrait pas pénaliser le reste du réseau. "Ebone était l'acquisition la plus récente de KPNQwest, mais ce réseau n'avait pas encore été intégré au réseau KPNQwest", a expliqué à l'AFP l'administrateur judiciaire Eddy Meijer, selon lequel la fermeture ne remet pas en question la procédure de vente de l'entreprise. Les services de KPNQwest sont actuellement maintenus par un groupe d'opérateurs, dont la maison mère KPN, jusqu'à ce qu'une décision soit prise sur l'avenir du groupe. Les auditions tenues par les différents candidats au rachat devraient connaître un aboutissement rapide. Pour l'instant, seul KPN a émis une offre de reprise globale du réseau. Telia veut racheter les activités françaises, tandis que la proposition de 200 millions d'euros de la société d'investissement Trimoteur a été rejetée la semaine dernière par les administrateurs.

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