France Télécom chahuté avant son conseil d'administration

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Encore quelques heures d'incertitude : vendredi matin, les marchés seront fixés sur l'ampleur des pertes semestrielles de France Télécom, sur sa décision quant à son engagement en Allemagne au côté de MobilCom, et sans doute aussi sur les grandes lignes du plan d'assainissement financier devenu indispensable au premier opérateur français. Mais la séance de jeudi a encore été agitée, car les informations circulant sur le marché, parfois contradictoires, mettent à rude épreuve les nerfs des actionnaires. Après avoir perdu jusqu'à 7% en début de séance, l'action France Télécom cédait encore 3,71%, à 10,63 euros, à la clôture du marché, au moment même où débutait le conseil d'administration du groupe. Sa filiale mobile Orange, qui avait bondi de 10,22% mercredi, a reperdu pour sa part 3,34% à 5,21 euros.Principale inconnue pour le marché : France Télécom, en manque de fonds propres, lancera-t-il ou non une augmentation de capital ? Et si oui, de quelle ampleur ? Selon le Financial Times de ce matin, l'émission d'actions nouvelles pourrait atteindre 15 milliards d'euros, et serait intégralement souscrite par l'Etat et par sept grandes banques. Selon le quotidien britannique, l'actionnaire public apporterait ainsi près de neuf milliards d'euros pour maintenir sa participation de 55,5%, la loi lui interdisant de descendre sous la barre de la moitié du capital. Quant au syndicat bancaire mis à contribution pour les six milliards restants, il se composerait d'ABN Amro, de BNP Paribas, du Crédit Agricole, du Crédit Lyonnais, de Credit Suisse First Boston, de Morgan Stanley et de la Société Générale. Une augmentation de capital de 15 milliards d'euros se situerait dans la fourchette haute des estimations avancées ces dernières semaines, diluant d'autant les actionnaires actuels, et constituerait un nouveau record pour le secteur en Europe. Mais elle aurait l'avantage de résoudre une fois pour toute la question angoissante des échéances financières de 2003, à savoir les 15 milliards de dettes que France Télécom doit impérativement rembourser l'an prochain. Selon les informations de La Tribune, si le ministère des Finances s'est convaincu de la nécessité d'une augmentation de capital, il pourrait néanmoins retarder celle-ci pour éviter une fronde des actionnaires minoritaires, et notamment des actionnaires salariés. Parmi les autres hypothèses envisagées par Bercy, la direction de France Télécom et par les banques, celle d'une émission d'obligations perpétuelles convertibles en actions bénéficiant de la garantie de l'Etat pourrait également être retenue. Si elle a l'inconvénient de laisser entier le problème de la dette de 70 milliards d'euros, elle permettrait au groupe de faire face à ses échéances en court terme, et de tenir jusqu'à une date plus propice à une augmentation de capital.A très court terme, c'est la sortie du groupe du marché allemand qui devrait lui permettre de limiter ses engagements financiers. Si l'abandon de MobilCom semble acquis, France Télécom et l'Etat-actionnaire devront en assumer les conséquences. Economiques d'abord, puisque MobilCom sera rapidement acculé au dépôt de bilan et au démantèlement. Diplomatiques ensuite, puisque Berlin ne cache pas que des hauts fonctionnaires allemands et français discutent du dossier. Et judiciaires enfin, car la direction actuelle de MobilCom et son fondateur Gerhard Schmid n'hésiteront sans doute pas à réclamer des dommages et intérêts à leur ex-partenaire français.A côté de ces dossiers hyper-sensibles, l'avenir de Michel Bon à la tête du groupe est presque passé au second plan. Bercy a néanmoins démenti en début d'après-midi les informations du Monde selon lesquelles Thierry Breton, actuel PDG de Thomson Multimédia, aurait accepté "mercredi soir dans le bureau de Francis Mer" de prendre les rènes de France Télécom. Le quotidien ajoute que le ministère de l'Economie souhaite laisser à Michel Bon la responsabilité de présenter des résultats semestriels désastreux ce soir au conseil d'administration.

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