"Cessez-le-feu" entre France Télécom et MobilCom

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La guerre entre France Télécom et MobilCom n'aura pas lieu. Après des mois de conflit ouvert, par médias et banques interposés, le géant français est parvenu à un accord avec l'opérateur mobile allemand dont il détient 28,5%. Un accord "conditionnel" toutefois, mais qui prévoit la meilleure solution possible pour le groupe de Michel Bon, à savoir la vente par Gerhard Schmid, le fondateur et PDG de MobilCom, et "ses associés"- comprendre son épouse Sybille, propriétaire de 10,2% du capital - de leurs actions à des "institutions financières", sans qu'aucun actionnaire n'ait à lancer une offre sur le solde du capital. Jean-Louis Vinciguerra, directeur financier de France Télécom, a qualifié ce protocole d'accord de "cessez-le-feu" permettant d'éviter un "désastre". "Nous mettons fin à nos désaccords à condition que M. Schmid vende ses actions et quitte la société en tant que directeur général", a-t-il résumé. Les actions de Gerhard Schmid devraient, si les négociations aboutissent, être réparties entre "trois ou quatre" institutions financières, parmi lesquelles devraient se trouver plusieurs banques créditrices de l'opérateur allemand (ses principaux prêteurs sont Deutsche Bank, Société Générale et ABN Amro). En revanche, France Télécom réaffirme ne pas avoir l'intention de racheter des actions à Gerhard Schmid. Vers un rééchelonnement des dettes - Une fois le nouveau tour de table de MobilCom constitué, poursuit le bras droit de Michel Bon, ce qui pourrait prendre "des semaines, pas des mois", MobilCom devra négocier avec ses créanciers un rééchelonnement de ses dettes. L'opérateur a en effet le couteau sous la gorge, 4,7 milliards d'euros d'endettement bancaire arrivant à échéance en juillet prochain. MobilCom a en outre obtenu de ses deux principaux fournisseurs, Nokia et Ericsson, des crédits-fournisseurs pour environ un milliard d'euros. "Tout le monde a intérêt à éviter la catastrophe", résume Jean-Louis Vinciguerra. De son côté, MobilCom souligne que, grâce à cet accord, "l'avenir et le financement de l'entreprise seront assurés". Mais il précise que la voie d'une offre publique est "toujours ouverte", ce que conteste France Télécom. Dans un entretien au magazine allemand Tele Boerse, Gerhard Schmid précise qu'il sera payé "en numéraire" pour ses actions, et non pas en titres Orange, la filiale mobile de France Télécom, une hypothèse évoquée ces derniers jours. L'un de ses porte-parole a remarqué que le prix de 22 euros par action, évoqué par la presse lundi, n'avait pas été démenti. Selon Jean-Louis Vinciguerra, "aucune offre n'a été faite" à Gerhard Schmid au cours des derniers jours par le groupe français pour lui racheter ses parts. Certains actionnaires minoritaires espèrent néanmoins encore le lancement d'une offre de rachat étendue à l'ensemble du capital - obligatoire au cas où un seul actionnaire mettrait la main sur plus de 30% de MobilCom. Interrogé par Reuters, l'investisseur américain Guy Wyser-Pratte a estimé que la décision finale appartiendrait sans doute aux autorités boursières allemandes. Risque financier limité - Jeudi dernier, en présentant les résultats de France Télécom, Michel Bon avait souligné que le risque financier maximum pour son groupe lié au dossier MobilCom s'élevait à 6 ou 7 milliards d'euros, dans le cas où il ne pourrait pas éviter que Gerhard Schmid exerce l'option dont il dispose prévoyant la vente au groupe français de sa participation. Pour Jean-Louis Vinciguerra, si l'accord conditionnel d'aujourd'hui, présenté comme "une première étape" aboutit, ce scénario du pire "s'éloigne considérablement" ; il permet au contraire, selon lui, d'espérer que ce conflit débouchera sur "la meilleure solution possible pour France Télécom : nous resterons en Allemagne en tant qu'actionnaire minoritaire de MobilCom, nous participerons à la consolidation de ce marché et nous limiterons notre risque financier". Pour l'opérateur français, le marché allemand n'est pas viable dans sa configuration actuelle, où six opérateurs disposent d'une licence UMTS et où deux d'entre eux, Deutsche Telekom et Vodafone, détiennent 80% du marché. En revanche, il devient viable avec "trois ou quatre" acteurs, au terme d'une consolidation qui pourrait, selon Jean-Louis Vinciguerra, prendre 18 ou 24 mois. En attendant que MobilCom trouve un allié, France Télécom estime que les investissements nécessaires pour qu'il souscrive aux conditions imposées par la licence UMTS (soit un taux de couverture de 25% fin 2003) ne devraient pas dépasser 500 millions d'euros sur les 18 prochains mois.A la Bourse de Paris, France Télécom a gagné mardi 5,4% à 35,50 euros, Orange 1,01% à 8 euros. Sur le Neuer Markt allemand, MobilCom, après avoir passé la matinée dans le vert, reculait de 4,67% en fin de journée à 14,30 euros. Le titre avait gagné 9,5% lundi.

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