Orange joue le bon élève de la famille

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L'opération vérité spectaculaire entreprise par France Télécom n'empêche pas un peu d'autosatisfaction. Et même si elle supporte une bonne part des mauvaises nouvelles et des provisions exceptionnelles, Orange, la branche mobile du groupe, ne se prive pas de mettre en avant ses points forts : le quasi-doublement de l'Ebitda en 2001, une position de numéro deux confortée sur le marché européen et surtout l'avance prise sur les objectifs financiers, qui lui permet de relever ses objectifs de marge d'Ebitda, attendue à 40% en France "en 2003 ou 2004".En attendant, Orange a vu sa perte nette se creuser l'an passé à 4,521 milliards d'euros, contre 1,321 milliard en 2000. Car si l'excédent brut d'exploitation a progressé de 97,1% à 3,288 milliards (+86,3% à périmètre équivalent), permettant un recul d'un tiers de la perte nette avant exceptionnels, ce sont justement ces éléments exceptionnels qui risquent de retenir l'attention des investisseurs. Les dépréciations d'actifs atteignent en effet 3,635 milliards d'euros, qui "proviennent en majorité de MobilCom", dont la valeur nette comptable a été ramenée de 3,428 milliards... à zéro, au nom du "principe comptable de prudence". Orange évoque en effet "le fait qu'un certain nombre d'événements qui échappent en partie au contrôle d'Orange, sont encore en suspens". Michel Bon a été plus explicite en parlant de "gesticulations" à propos du patron de l'opérateur allemand, Gerhard Schmid (lire ci-contre).En revanche, l'opérateur affiche son premier bénéfice avant impôts, amortissement des survaleurs et intérêts minoritaires, à 386 millions d'euros, contre une perte de 409 millions en 2000. Et l'endettement net n'a augmenté "que" de 23%, à 6,214 milliards d'euros, permettant à Orange de ramener son ratio dette/Ebitda de 2,85 à 1,89.Orange, qui comptait 39 millions de clients fin décembre, un chiffre en hausse de 29%, a augmenté son chiffre d'affaires de 25%, à 15,087 milliards. L'objectif de 15% de croissance en 2002 devrait se poursuivre, assure la société, "stimulée par l'augmentation de la base de clientèle, la progression des revenus de la voix et enfin l'usage croissant de services dit 'non-voix'" (SMS, WAP, etc.). Orange maintient son objectif de 25% des revenus tirés de services "non-voix" à l'horizon 2005, contre 11,2% l'an dernier au Royaume-Uni et 6,7% en France. Le chiffre d'affaires "voix", lui, progressera beaucoup plus lentement : le chiffre d'affaires moyen par abonné (ARPU) voix devrait augmenter de 5% seulement d'ici 2005.La stratégie commerciale visant à concentrer l'activité du groupe sur les clients à valeur ajoutée permet à Orange de relever ses objectifs de marge d'Ebitda : en France, où il prévoyait jusqu'à présent un taux de marge de 35 à 40% d'ici 2005, l'opérateur a atteint la barre des 35% dès l'an dernier (contre 31% en 2000) et table désormais sur 40% en 2003 ou 2004.Au Royaume-Uni, son premier marché avec 12,4 millions de clients, le chiffre d'affaires s'établit à 5,337 millions d'euros (+27%) et l'Ebitda atteint 1,277 milliard, en hausse de 68%. La marge progresse ainsi de 5 points, à 28%. Là encore, les objectifs d'Orange sont donc revus à la hausse : la marge d'Ebitda devrait atteindre 35% l'an prochain ou en 2004. Jeudi 21 mars, à la clôture de la Bourse de Paris, l'action Orange progressait de 3,90% à 8 euros, ramenant son recul depuis le début de l'année à 21,4%. Le titre a perdu un quart de sa valeur depuis son introduction il y a treize mois.

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