"Renault rattrape le temps perdu"

La Tribune.- Etes-vous satisfait des performances commerciales de Peugeot et Renault à fin juin ?Christophe Laborde.- Les hausses de 1,3% pour Renault et de 3,4% pour Peugeot sont rassurantes, car ils ont amélioré leur pénétration dans un marché européen en baisse d'environ 5%. De surcroît, ils se sont distingués dans le reste du monde où les conditions ont également été difficiles. Peugeot continue à "surfer" sur une gamme récente et compétitive. Quant à Renault, il a bénéficié d'un effet de base favorable. L'an passé, il manquait de moteurs diesel. Sa nouvelle offre a permis à ses ventes de véhicules diesel de progresser de 26%. Le diesel est aujourd'hui un véritable enjeu pour les constructeurs car il représente 40% du marché européen contre 15% il y a 10 ans.Attendez-vous un redressement rapide des marges de Renault ?L'accroissement de la part des modèles diesel dans les ventes de Renault est une bonne chose. Car ils sont vendus plus chers que leurs équivalents à essence. Néanmoins dans les mois à venir, Renault devrait rester dans une phase de transition avec le lancement de l'Espace et de la Megane. Ce renouvellement, qui induit des frais à court terme, devrait plutôt porter ses fruits à partir de 2003. Cette année, nous attendons une marge opérationnelle de 2% contre 1,3% l'an passé. Par la suite, le groupe va lancer d'autres nouveaux modèles (Scenic puis Clio). Il profitera alors pleinement du renouvellement de sa gamme et d'économies d'échelle avec Nissan (achats, plates-formes communes). On peut espérer une marge de 3,3 à 3,5% en 2003 et un peu plus en 2004. Pour Peugeot, la situation est différente. Le problème est de savoir si ce groupe, en forte expansion depuis trois ans, n'atteindra pas en 2002 un haut de cycle en termes de croissance des volumes et des résultats. Nous tablons sur une marge de 5,3% en 2002 et 2003, contre 5,2% en 2001.La Bourse va-t-elle refléter cette tendance ?Dans le contexte actuel, Peugeot peut rassurer le marché par la solidité de ses ventes et de ses fondamentaux. Mais à moyen terme, le potentiel d'amélioration des volumes et des marges est du côté de Renault, lequel se trouve dans la même situation que Peugeot il y a trois ans. Après avoir touché un point bas en 2001, la marque au losange rattrape actuellement le temps perdu. C'est pourquoi nous privilégions cette valeur d'un point de vue boursier.

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