Axa contre-attaque, Aegon provisionne

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Matraquées au mois de juillet à la suite du profit warning d'Allianz, Fortis et Aegon, ainsi que des craintes sur leur expositions aux affaires et faillites qui se multiplient depuis plusieurs mois, les valeurs de l'assurance reprennent un peu de couleurs cette séance. Le français Axa et le néerlandais Aegon dévoilent en effet aujourd'hui leurs chiffres pour le premier semestre 2002.Axa, Le leader mondial de l'assurance a réalisé au premier semestre 2002 un chiffre d'affaires de 40,128 milliards d'euros, en hausse de 3% en données réelles et en hausse de 4,8% en données comparables par rapport aux 38,961 milliards d'euros de la même période de 2001. Par activité, l'assurance vie-épargne-retraite a augmenté de 3,9%, à 25,1 milliards d'euros. Au deuxième trimestre, la croissance a atteint 10%, selon Axa, en raison d'une "amélioration notable en France et aux Etats-Unis". L'activité "dommages" a progressé de 4,7% à 8,8 milliards d'euros. La gestion d'actifs a baissé de 1,3% à 1,9 milliard, en "raison des conditions difficiles de marché". Et le chiffre d'affaires de l'assurance internationale a gagné 17,3 % à 3,8 milliards, grâce à des hausses de tarifs.La croissance globale ressort donc plûtot en ligne avec les objectifs du groupe puisque, le 24 juillet, ce dernier avait indiqué qu'il tablait sur un chiffre d'affaires en progression "d'au moins 4%" et sur "une amélioration significative du résultat opérationnel" sur ce premier semestre. Cette annonce avait entraîné la chute de 20% du titre en bourse. Les analystes doutent depuis ce jour des capacités de groupe atteindre ses objectifs opérationnels.Le groupe de Henri de Castries a enfin fait savoir qu'il publierait l'ensemble de ses résultats semestriels le 2 septembre, au lieu du 12 septembre. "Face à la très forte volatilité qui affecte depuis plusieurs semaines le marché des titres d'assurance et celui de l'action Axa en particulier, le groupe a décidé d'accélérer la diffusion des informations relatives à l'activité du premier semestre 2002 et à sa situation au 30 juin 2002", explique le communiqué du groupe. A Paris, l'action termine en hausse limitée, progressant de 1,65% à 12,35 euros.Effet dollar et faillites d'entreprises ont eu raison des profits de l'assureur néerlandais Aegon qui, en juillet dernier, émettait le premier "profit warning" de son histoire. Aegon annonce aujourd'hui un bénéfice net de 146 millions d'euros pour le deuxième trimestre 2002, en baisse de 77%, par rapport aux 626 millions d'euros dégagés sur la même période de l'année précédente. Ce qui correspond à un bénéfice par action en recul de 76% à 0,11 euro par titre. Pour le semestre, Aegon a dégagé un bénéfice de 763 millions d'euros, en recul de 34% par rapport au premier semestre de l'année 2001. Ces résultats en fort recul ont conduit le PDG du groupe, Donald J. Shepard, à maintenir l'avertissement sur bénéfice lancé le 22 juillet dernier (lire ci-contre). Aegon avait alors indiqué s'attendre à un bénéfice 2002 en baisse de 30 à 35% par rapport à 2001en raison de la faiblesse de l'économie et du dollar, qui le contraint à prendre des provisions plus importantes que prévues. "Je veux toutefois souligner que, sans ces développements négatifs sur les marchés financiers, nous avons eu des performances supérieures à nos attentes", a déclaré Donald Shephard dans un communiqué. Au deuxième trimestre, l'assureur néerlandais a été particulièrement touché en Amérique, en particulier aux Etats-Unis, qui ont généré en 2001 58% du bénéfice. D'avril à fin juin, le bénéfice net des activités en Amérique a été divisé par plus de 10 pour s'établir à 35 millions de dollars, contre 358 millions sur la même période de l'année précédente. Sur le semestre, la baisse est de 44%, à 438 millions de dollars. Une dégringolade qui s'explique en partie par un renforcement de 335 millions de dollars des provisions pour créances douteuses aux Etats-Unis. En 2001, le groupe n'avait provisionné que 26 millions de dollars sur la même période.Pour autant, l'avertissement émis au mois de juillet a vacciné les investisseurs. L'action avait plongé alors, et les mauvaises nouvelles sont donc déjà dans le cours du titre qui, ce jeudi, s'envole de 9,54% à 13,09 euros.

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