Les craintes sur sa dette font chuter Alcatel

Si l'actualité est monopolisée par le dossier Vivendi et par le départ de Jean-Marie Messier, le marché est également préoccupé par le sort d'Alcatel. L'action de l'équipementier de télécommunications dévisse en effet de 16,25% à 5,67 euros en fin d'après-midi, inscrivant l'une des plus fortes baisses du CAC 40.Selon des rumeurs de marché, c'est la dette du groupe qui est en cause. "Il y a une rumeur qui veut que la dette d'Alcatel va être dégradée au statut de 'junk bond' par les agences de notation", indique un courtier cité par l'AFP. Or, l'abaissement de la notation de la dette d'un groupe en 'junk bond' (obligation pourrie) a une double conséquence néfaste pour l'action. D'une part, elle augmente le coût du crédit et pèse par conséquent sur les résultats de l'entreprise. Par ailleurs, certains fonds n'ont pas le droit de détenir des obligations et des actions d'un groupe dont la dette est classée en 'junk bond'. Du coup, une dégradation à ce rang entraîne des ventes inévitables et massives.Le groupe a bien tenté de réagir. "Alcatel confirme que ses lignes de crédit et que les crédits fournisseurs ne seraient pas affectés par l'éventuelle dégradation de sa notation. Les clauses de remboursement immédiat existant précédemment ont été annulées il y a quelques mois lors de la renégociation de ces crédits avec les institutions financières", précise un communiqué du groupe qui précise qu'au 31 juin 2002 sa dette était inférieure à 2 milliards d'euros pour une trésorerie de plus de 4 milliards d'euros.Mais si le titre a quelque peu réduit ses pertes à la suite de ce communiqué (il a cédé jusqu'à 19,8%), cela n'a pas suffi à redonner pleinement confiance au marché. Car, outre ces inquiétudes sur l'endettement, certains observateurs rappellent également que l'action continue de pâtir de la déprime générale du secteur des télécommunications.D'ailleurs, Alcatel a lui-même indiqué récemment qu'il traversait une mauvaise passe. La semaine dernière, il a en effet annoncé que son résultat opérationnel sera dans le rouge en 2002, alors qu'il l'attendait légèrement positif auparavant (voir ci-contre). Les nouvelles suppressions de postes annoncées à cette occasion n'ont pas suffi à rassurer le marché. L'action a alors entamé un net mouvement de repli auquel s'ajoute le plongeon de ce mercredi: elle lâche désormais 40% depuis une semaine et plus de 70% sur l'année.

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