Les banques dans l'oeil du cyclone

Les banques françaises subissent de forts courants vendeurs en ce milieu de semaine, pénalisées par une série de nouvelles préoccupantes, alors que les marché font preuve d'une forte volatilité. Les valeurs françaises du secteur ont subit de fortes attaques avant de se maintenir en fin de séance. Crédit Agricole perd 4,57% après avoir chuté de plus de 12%, Crédit Lyonnais perd 3,82%, BNP Paribas reste quasi stable (après avoir perdu plus de 7% en séance) et Société Générale perd 1,41% mercredi en clôture. L'indice DJ Stoxx perd 2% dans le même temps.Dans un entretien accordé à l'agence Reuters, le directeur financier du Crédit Agricole a déclaré que l'établissement devrait enregistrer un résultat net hors exceptionnels stable, voire en progression modérée, au premier semestre, mais qu'il aurait sans doute du mal à atteindre l'objectif d'une hausse de 5% de son résultat net 2002 si la dégringolade des marchés boursiers se poursuivait. Un objectif avait été fixé entre 5 et 10% lors de l'entrée en Bourse fin 2001 et confirmé en mai lors de l'assemblée générale.Ce profit-warning a donné le coup d'envoi du courant vendeur sur le secteur, mais le terrain était déjà préparé par la révélation des mises en causes de deux grands établissements américains dans l'affaire Enron. Mardi, le Sénat américain a accusé JP Morgan et Citigroup d'avoir manoeuvré pour masquer les pertes du courtier en énergie. Si les deux banques ont démenti ces accusations, le soupçon a fait chuter hier à Wall Street le Philadelphia Bank Sector Index de 7% et l'Amex Securities Broker/Dealer Index de plus de 4%.En outre, ce mercredi matin le groupe anglais Abbey National vient donner le coup de grâce en publiant une chute de 34% de son bénéfice semestriel. L'établissement a dégagé un bénéfice imposable de 697 millions de livres sterling (1,10 milliard d'euros), contre 1,054 milliard un an plus tôt. Les analystes s'attendaient à ce que la banque réalise un bénéfice semestriel compris entre 660 et 747 millions de livres, avec un consensus à 703 millions. La faiblesse des résultats de la banque, déjà en difficulté, a suscité des spéculations sur une éventuelle OPA. Son directeur financier, Stephen Hester, a déclaré à des journalistes que la banque restait "ouverte" à toute éventuelle proposition de fusion.Il faut enfin prendre en compte l'abaissement, lundi dernier, des perspectives de bénéfice du secteur par les analystes de Morgan Stanley, en raison du bas niveau des taux d'intérêt, de la forte volatilité des marchés et de la vigueur de l'euro. La banque d'investissement a tout de même précisé dans un communiqué qu'elle continuait à juger le compartiment bancaire européen "attractif" et estime que les actions subissent une décote excessive comparé à l'indice MSCI Europe.

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