Gucci et SSSB font plier PPR

La dégringolade ne s'arrête plus. Déjà sous pression ce dernier mois (il a cédé 35% depuis la mi-juin), le titre PPR poursuit son chemin à la baisse. Lundi, il lâche 10,68% à 79,05 euros, un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis près de cinq ans.Ces derniers temps, ce sont des craintes liées à la dette du groupe qui avaient entraîné l'action à la baisse (voir ci-contre). Depuis, le distributeur a réagi aux rumeurs avec vigueur (en brandissant la menace d'une plainte pour manipulation de cours) et S&P a confirmé ses notations concernant le groupe. Mais les investisseurs ont trouvé d'autres motifs de défiance.En premier lieu, les opérateurs citent une note de Schroder Salomon Smith Barney (SSSB). L'intermédiaire aurait en effet abaissé de façon drastique son objectif de cours sur la valeur, en passant de 108 à 80 euros. Les sources de marché qui ont relayé cette révision à la baisse n'en ont toutefois pas donné les raisons.Pour d'autres, ce sont plutôt la chute du dollar et le discours prudent de Gucci qui sont en cause. Certes, le groupe a maintenu ses prévisions d'un résultat par action de 2,6 à 3 euros en 2002, soit une baisse de 3 à 16% par rapport à 2001. Mais lors de son assemblée générale, la maison de couture italienne (filiale de PPR) a fait savoir qu'elle prévoyait une situation de marché difficile jusqu'à la fin de l'année. "Le dollar continue de baisser, Gucci a dit que la conjoncture restait difficile et il y a toujours les inquiétudes concernant l'endettement du groupe", note un vendeur cité par Reuters.De son côté, PPR a fait savoir qu'il respecterait son engagement concernant le capital de Gucci. Lors du règlement du conflit qui l'opposait à LVMH, PPR avait accepté de racheter les actions n'étant pas en sa possession à 101,4 dollars l'unité si elles n'atteignent pas ce seuil en mars 2004. Or, le titre Gucci vaut à l'heure actuelle 87 dollars. En avril, S&P avait estimé à 5 milliards de dollars la sortie de cash nécessaire à une telle opération.Enfin, certains opérateurs ont semble-t-il été déroutés par le fait que le groupe avance à jeudi prochain la publication de son chiffre d'affaires semestriel. PPR a bien tenté de dissiper les inquiétudes en indiquant qu'il l'avait déjà fait l'an passé. Mais dans le climat de suspicion qui règne actuellement, cela semble suffire pour que des investisseurs y voient un mauvais signe.

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