Vivendi pourrait se séparer des jeux et garder Cegetel

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Pour se renflouer, le groupe Vivendi doit vendre un certain nombre d'actifs. Le processus initié par le nouveau patron Jean-René Fourtou est surveillé de près par les opérateurs. Le Wall Street Journal écrit ce mercredi que le PDG hésite sur les actifs à céder. Pour sauver la maison, faut-il vendre le téléphone ou la console de jeux ?Les deux options n'ont pourtant pas grand chose à voir entre elles. On peut même estimer que, vu l'état d'endettement de VU (19 milliards d'euros), les deux pôles pourraient être vendus à plus ou moins brêve échéance. Cegetel est un dossier de premier plan, dont la cession est envisagée de longue date par les marchés et le groupe. Elle rapporterait quelques 5 à 7 milliards d'euros à Vivendi. Le britannique Vodafone s'est même déclaré intéressé par son rachat.De son côté, le groupe VU Games est moins connu. C'est un des leaders mondiaux de l'édition de jeux vidéos, juste derrière Electronic Arts. Il est valorisé, selon le Wall Street Journal, à 2 milliards d'euros. C'est le fleuron de Vivendi Universal Publishing, la branche "édition" de VU, dirigé par Agnès Touraine. VU Games regroupe trois éditeurs majeurs, Blizzard, Sierra et Universal Interactive. Les deux premiers sont sans doute les sociétés les plus respectées dans l'industrie du jeu vidéo. Le troisième est spécialisé dans l'adaptation des films Universal pour les plateformes ludiques. Le tout génère un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros par an.Selon les "sources proches du dossier" citées par le quotidien anglo-saxon, la question pour Jean-René Fourtou est moins d'ordre financier que stratégique. C'est presque une question générationnelle. Le nouveau PDG considère les jeux comme une "cerise sur le gateau" (icing on the cake) complètement accessoire pour VU, alors que Jean-Marie Messier, en bon apôtre de la nouvelle économie, était convaincu des complémentarités possibles entre cinéma et jeux vidéos. Le Wall Street Journal rappelle ainsi qu'en 2001 J2M n'a pas hésité à apporter une Game Boy lors de la première du film "la Momie", faisant une démonstration du jeu du même nom comme preuve des synergies possibles.De plus, l'état actuel des valorisations boursières du secteur télécom font craindre à Jean-René Fourtou le bradage de Cegetel si la vente était décidée ces temps-ci. En attendant une meilleure conjoncture, il faut continuer à donner des gages au marché, et pourquoi pas ramasser rapidement et facilement 2 milliards d'euros en vendant séparément, les sociétés de VU Games. D'autant que les acheteurs potentiels sont nombreux dans un secteur qui doit se consolider. Les géants Microsoft, Sony, Sega sont ainsi évoqués par le quotidien de Wall Street.Les réactions des analystes à ces événtualités sont enthousiastes. "Les activités de jeux vidéo ne font pas vraiment partie du domaine stratégique et leur cession permettrait de faire face à des échéances de dettes à court terme, en conservant la part dans Cegetel qui a une plus grande importance stratégique", estime une analyste chez Fortis Securities interrogée par l'AFP. "Vivendi Universal ferait là une cession à de très bons niveaux de valorisation", pensent pour leurs part les analystes du CIC. "Bien que la société n'ait jamais vraiment communiqué à ce sujet, il est de notoriété publique que Vivendi Universal fait partie des éditeurs globaux les plus rentables", expliquent-ils.a perspective de la cession du fleuron VU Games et du maintien de Cegetel, filiale rentable, dans le giron de Vivendi semble contenter les investisseurs. L'action affichait une bonne progression durant une grande partie de la séance avant de terminer en repli de 2,52% à 15,07 euros.

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