La faillite de MobilCom va affecter opérateurs et équipementiers

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Après des mois d'affrontement, la sanction est tombée: France Télécom lâche MobilCom, contraignant celui-ci à déposer son bilan. Au delà de l'opérateur allemand, l'affaire devrait aussi avoir des conséquences pour ses partenaires.Un des premiers secteurs concernés est celui des opérateurs implantés sur le marché allemand. MobilCom n'est en effet qu'un opérateur "virtuel", c'est-à-dire qu'il ne dispose pas de son propres réseau et loue des capacités aux autres opérateurs du marché allemand, dont les contrats pourraient bien entendu ne pas être honorés. Le premier à réagir au cours de la matinée a été le néerlandais KPN, dont la filiale allemande E-Plus était en relation avec MobilCom. KPN craint de subir des pertes sur un contrat de 600 millions d'euros qui court normalement jusqu'en 2005. Jusqu'ici, le groupe n'a procédé à aucun ajustement de valeur concernant ce contrat et le porte-parole qui s'est exprimé n'a pas été en mesure de donner le montant des paiements déjà effectués par MobilCom.Les autres opérateurs du marché allemand devraient également subir le même type de déconvenue. Mais ils peuvent en revanche espérer récupérer la clientèle de MobilCom. Reste à savoir dans quelles conditions.Les équipementiers Nokia et Ericsson, en tant que fournisseurs, devraient également être touchés par un dépôt de bilan de l'opérateur allemand, puisqu'ils lui avaient accordé près de 1,2 milliard d'euros de crédit fournisseur. Jeudi, France Télécom disait avoir proposé d'échanger les créances "contre des titres subordonnés à durée indéterminée convertibles en actions France Télécom". Et selon Michel Bon, PDG démissionnaire de France Télécom, Nokia et Ericsson, ainsi que les banques, en ont accepté le principe. Vendredi après-midi, Ericsson a confirmé être parvenu à un accord. Le Suédois va échanger son crédit à MobilCom contre des obligations convertibles France Télécom d'un montant de 444 millions d'euros. "Ericsson n'est plus exposé à MobilCom", indique par conséquent le groupe.Quant à Nokia, il ne s'est pas exprimé vendredi. Mais il avait déclaré mardi être en train de renégocier le financement de 752 millions d'euros accordé à MobilCom. Les discussions se poursuivent sur la nature de la restructuration, avait-il précisé. Les banques créancières n'avaient en revanche pas encore réagi vendredi après-midi.Enfin, restent les liens unissant MobilCom à son actionnariat français, c'est-à-dire Orange et indirectement France Télécom. Ces derniers disent ne rien craindre. "Orange a déjà ramené la valeur des actions MobilCom à zéro. Il n'y aura pas d'autre impact sur nos comptes car les obligations de financement pèsent sur France Télécom et il n'y a donc pas de risque pour Orange lié à MobilCom", a déclaré le directeur général d'Orange, Jean-François Pontal. Quant à la maison-mère, Gerhard Schmid a indiqué qu'il attaquerait France Télécom et réclamerait des dommages et intérêts. "Cela pourrait certainement représenter des milliards", n'a pas hésité à lancer l'actionnaire principal et ancien dirigeant de MobilCom. Là non plus, pas de craintes particulières côté français. "Notre position juridique est solide", a répondu Jean-Louis Vinciguerra, le directeur financier de France Télécom, en ajoutant: "notre risque est très faible dans la mesure où le CFA [l'accord de partenariat qui liait France Télécom à MobilCom] a été rompu en juin".

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