Pas d'avertissement pour ING

"Sous réserve que la situation de l'économie et des marchés financiers ne se dégrade pas plus, ING maintient ses prévisions d'un bénéfice par action issu des activités ordinaires supérieur aux 2,20 euros dégagés en 2001", a annoncé le groupe de bancassurance dans son communiqué.Un soulagement pour la communauté financière qui s'attendait à un profit-warning de la part du premier groupe financier néerlandais, après les avertissements retentissants d'Aegon et de Fortis. ING a fait état d'un bénéfice opérationnel de 2,354 milliards d'euros (-2%) au premier semestre, après impôt et hors éléments exceptionnels et plus-values de cessions. Quant au bénéfice net, il est en hausse de 4% par rapport au premier semestre 2001, à 2,837 milliards d'euros.Pour le seul deuxième trimestre, le bénéfice opérationnel net a reculé à 1,218 milliard d'euros, contre 1,272 milliard à la même période de l'exercice précédent, soit 0,63 euro par action contre 0,65 un an plus tôt. Il dépasse ainsi les prévisions des analystes qui tablaient sur un résultat opérationnel compris entre 1,055 et 1,134 milliards d'euros.Par activité, les résultats font apparaître une prédominance du secteur assurance sur les autres branches. Au deuxième trimestre, le bénéfice issu de la division assurances a progressé de 10,7% à 866 millions d'euros. La bonne tenue des activités d'assurance vient compenser les activités bancaires, lourdement pénalisées par des provisions. Ces dernières ont été passées pour créances douteuses dans le cadre de l'affaire Enron et de la crise argentine, mais aussi pour couvrir les "coûts de reports d'acquisitions" (deffered acquisitions costs).Les activités bancaires ont en revanche vu leur bénéfice chuter de 28,2% à 352 millions d'euros par rapport au deuxième trimestre de 2001. Cette forte baisse s'explique notamment par la hausse des provisions, qui ont "augmenté de manière significative" en raison des nombreuses faillites d'entreprises, a précisé le PDG Ewald Kist. Sur les six premiers mois de l'année, ING a dû élever le niveau de ses provisions à 625 millions d'euros. Ces provisions ont provoqué une chute de 25,4% du profit net opérationnel bancaire au premier semestre, à 701 millions d'euros. Enfin, les activités de banque directe (ING Direct) affichent toujours une belle croissance. Sur les six premiers mois de l'année, le nombre de clients a augmenté de 54% pour atteindre 4 millions au 30 juin tandis que le montant des fonds gérés progressait de 70% à 41 milliard d'euros. Une performance étonnante en pleine déliquescence boursière, qui s'explique par les bénéfices dégagés par les filiales au Canada et en Australie.Pour autant, le risque d'un avertissement à venir n'est pas totalement écarté. Beaucoup d'analystes interrogés par Reuters estiment qu'un profit-warning pourrait être formulé un peu plus tard dans l'année, compte tenu de l'augmentation des créances impayées ou douteuses. ING laisse la question en suspens, en affirmant qu'"actuellement, les incertitudes économiques, financières et politiques restent importantes, ce qui fait qu'il est très difficile de prédire ce que sera le climat des affaires dans les mois qui viennent".En attendant, le titre continue de remonter des plus bas du mois d'août en gagnant plus de 2,65% à 23,60 euros après la publication de ces résultats.

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