Le risque américain

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Sûre de sa domination, Wall Street ne doute de rien. La récession est oubliée, avec la bénédiction du président de la Réserve Fédérale Alan Greenspan. La menace terroriste n'a pas empêché le Dow Jones et le Nasdaq de regagner respectivement 9,3% et 8,1% depuis la clôture du 10 septembre au soir.Mais les investisseurs seraient bien avisés de mesure la portée de ce "leadership", vient d'écrire Robert J. Pelosky, stratégiste de Morgan Stanley dans une note adressée à ses clients. Pour deux raisons : "Premièrement, parce qu'il est reflété dans le prix de la plupart des actifs financiers dans le monde entier, et deuxièmement, parce que nous pensons que cette tendance est en train de s'inverser.""Ce qui nous inquiète particulièrement," poursuit Jay Pelosky, "c'est que le déficit croissant des paiements courants américains est désormais financé par des flux de portefeuilles, qui sont notoirement volatils. Cela ajoute aux risques que nous voyons grandir pour la valeur des actifs américains et du dollar." Ces capitaux particulièrement fluides ont financé 90% du déficit courant américain en 2001, note le stratégiste de Morgan Stanley, alors qu'à la fin des années 90, 30 à 40% de ce financement étaient assurés par des opérations de fusions et acquisitions."Nous sommes au début d'un processus de transformation d'un monde unipolaire en un monde tripolaire, où l'Europe et l'Asie deviendront l'équivalent des Etats-Unis sur le plan économique, sinon militaire." Et les capitaux iront naturellement se placer là où l'équation risque/retour sur investissement apparaît à leurs détenteurs comme la plus convaincante. Le risque existe, par conséquent, de voir les Etats-Unis confrontés à une grave crise financière.Pour l'instant, Morgan Stanley ne tire de ce scénario à long terme qu'une conclusion modérée. Jay Pelosky propose de diminuer légèrement, à 54%, la part des Etats-Unis dans son modèle mondial d'allocation d'actifs. Mais, pour lui, la suite ne fait aucun doute : "la fin de l'hégémonie américaine" est annoncée. Et elle s'annonce douloureuse.

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