"A Tokyo, les vendeurs à découvert risquent l'étranglement"

La Tribune. - La reprise de la Bourse de Tokyo traduit-elle la confiance des investisseurs à l'égard des mesures anti-déflation du grouvernement Koizumi ?Jean François Canton. - Si la volonté de réforme est régulièrement affirmée par le premier ministre japonais, il est encore trop tôt pour se faire une idée de la mise en oeuvre de réformes structurelles. Au contraire, le soutien aux banques s'apparente encore trop à un cautère sur une jambe de bois. Et il n'y aura pas grand chose à espérer de ce côté là tant que les banques n'auront pas réalisé leur aggiornamento dans l'octroi des crédits qui doivent souvent plus à l'appartenance des bénéficiaires à un groupe commun qu'à des critères objectifs liés à leur propre santé financière. Mais il est inutile d'espérer ces changements si le management actuel des banques demeure en place... C'est donc un nouveau faux départ des actions japonaises ?Pas forcément, pour au moins deux motifs. Depuis la mi-février un fonds national de restructuration a été mis en place pour participer activement au décroisement des participations des groupes japonais qui vont pouvoir faire appel à lui dans le cadre de leur recentrage sur leurs métiers stratégiques. Mais ce n'est qu'un début. Et si cette "sicav nationale" a la possibilité d'emprunter, ses dotations initiales restent modestes. Il faudra donc qu'elle soit plus richement dotée pour avoir un rôle efficace.Par ailleurs, pour la première fois depuis 30 ans la position acheteuse est devenue inférieure à la position vendeuse. Ce que n'explique pas suffisamment le développement des produits optionnels et des fonds d'arbitrage. Et la hausse pourrait bien être le fruit de rachats un peu précipités alors que la possibilité d'un étranglement des vendeurs à découvert dans les prochaines semaines n'est plus à exclure. Dans ce contexte quelle est votre politique d'investissement ? Elle ne varie pas : nos fonds sont investis à 92 %, toujours en adoptant une stratégie de stock picking en sélectionnant au cas par cas les valeurs à forte visibilité. Depuis trois ans nos valeurs préférées sont les équipementiers de bureautique Canon et Ricoh, les SSII de premier plan et le laboratoire pharmaceutique Takeda. La première section de la Bourse de Tokyo se prête parfaitement à une gestion "value" car plus de la moitié des sociétés sont valorisées à un niveau inférieur à celui de leurs fonds propres. Propos recueillis par Christophe Tricaud.

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