Explosion des défauts de paiements obligataires en 2001

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Si le ralentissement économique s'est fait ressentir via les révisions à la baisse des perspectives bénéficaires des entreprises, il a également eu une influence directe sur la qualité de crédit des sociétés. Ainsi, avec une rentabilité des entreprises sous pression, on a beaucoup parlé de réduction ou de restructuration de dettes l'an passé. Dans le pire des cas, certains émetteurs n'ont pu honorer leurs échéances obligataires.D'après les chiffres publiés par l'agence de notation Standard & Poor's, 211 entreprises se sont trouvées dans cette situation l'an passé, soit un nouveau record après les 132 sociétés prises en défaut de paiement obligataire en 2000. Le montant des échéances qui n'ont pu être remboursées établit lui aussi un nouveau record. A 115,4 milliards de dollars (129,3 milliards d'euros), il est 2,7 fois supérieur aux 42,3 milliards de dollars (47,4 milliards d'euros) de l'année 2000.Malgré leur ampleur, ces chiffres ne constituent toutefois pas une totale surprise. Car il y a un mois, S&P avait déjà donné la tendance avec des chiffres préliminaires arrêtés au 7 décembre. Jusqu'alors, 196 émetteurs s'étaient révélés défaillants pour un montant total de 107 milliards de dollars (voir ci-contre).Zone la plus touchée économiquement après le 11 septembre, les Etats-Unis regroupent 75% de ces émetteurs défectueux en 2001. L'Argentine suit avec 15 entreprises (dont 10 banques) n'ayant pu honorer leurs échéances obligataires et le Canada occupe la troisième marche du podium avec 9 groupes défaillants. En termes de secteurs, l'énergie occupe une place de choix puisque parmi les défaillances les plus significatives de l'année se trouvent celles d'Enron, de Pacific Gas & Electric ou de Southern California Edison. A elles trois, ces entreprises représentent 20% des 115,4 milliards de dollars qui n'ont pu être honorés l'an passé. Mais les télécoms ne sont pas en reste, avec 39 représentants sur les 211 entreprises en défaut de paiement obligataire.Le taux de défaillance global, de 3,99%, revient très près des 4,01% de 1991, alors qu'il n'était que de 2,56% en 2000. Sur les seules obligations "high yield" ou "obligations pourries", il a bondi de 5,68% à 8,57% entre 2000 et 2001. On reste encore loin des 10,87% obtenus en 1991, mais la proportion des groupes en défaut sur leur dette obligataire devrait s'accentuer ces prochains mois. S&P prévoit notamment que le taux devrait monter jusqu'à 11% au début de l'été pour les "obligations pourries". La raison est simple: l'agence de notation s'attend à ce que l'économie touche un seuil au premier trimestre. Or, "dans un cycle typique, les défauts de paiements atteignent leur niveau maximal six mois après que l'économie a touché son point bas", note Diane Vazza, chez S&P.Une prochaine étude prévue pour février devrait comporter plus de détails et sera susceptible de présenter des ajustements par rapport aux chiffres annoncés ce lundi.latribune.f

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