Début de semaine agité pour la galaxie France Télécom

La semaine de tous les dangers a démarré pour France Télécom. L'action est en forte baisse ce lundi, dévissant de 8,93% juste au-dessus des 10 euros. Les filiales de l'opérateur historique sont aussi touchées. Orange, qui perd 7,33% à 4,68 euros, est sous le coup d'une action en justice de la part de Bouygues Telecom qui a déposé plainte pour abus de position dominante. suite à une surfacturation envisagée par Orange sur les appels passés par ses abonnés vers les réseaux Bouygues Telecom et SFR. JP Morgan a de plus abaissé sa recommandation sur Orange d'"achat" à "performance en ligne".Equant perd 6,39% à 4,10 euros. Seul Wanadoo, dont le PDG Nicolas Dufourcq est pressenti parmi d'autres pour succéder à Michel Bon, s'en sort et consolide de 1,31% à 4,51 euros.L'attente fébrile des résultats semestriels sera donc de mise toute la semaine, après les révélations de La Tribune sur la "perte historique" de plus de 10 milliards d'euros attendue et la perspective d'une recapitalisation de l'Etat (lire ci-contre).Pour jeudi (conseil d'administration) et vendredi (publication des résultats), les opérateurs surveillent particulièrement l'affaire MobilCom et la dette, explique lundi une analyse du Financial Times.Tout d'abord, comment France Télécom va-t-il trancher dans le dossier MobilCom ? Soit le groupe rachète les 71% de l'opérateur allemand qu'il ne détient pas encore, pour 350 à 500 millions d'euros, se débarrasse définitivement du couple Schmidt et reste positionné en Europe dans l'attente de la troisième génération, la norme UMTS. Mais il prend ainsi en charge la dette de 7 milliards d'euros de l'opérateur allemand. Soit le groupe jette l'éponge, laissant le marché outre-Rhin à Vodafone et Deutsche Telekom, réalisant des économies mais prenant la responsabilité de la faillite d'une entreprise allemande comprenant 6.000 employés. L'Etat français s'exposerait ainsi politiquement aux critiques de son partenaire allemand, à l'économie déjà mal en point.Ensuite, quelles solutions seront adoptées pour remédier à l'endettement gravissime de l'entreprise (75 milliards d'euros selon Moody's) ? Une émission d'actions à hauteur de 10 ou 12 milliards d'euros, à laquelle l'Etat se devra de souscrire en proportion de sa part au capital, creuserait un trou dans les finances publiques et se révélerait très dilutive pour le million et demi d'actionnaires individuels, dont nombre de salariés du groupe, alors que leur investissement a déjà chuté de 75% cette année. Finalement, l'appel au marché signifierait le départ de Michel Bon, qui s'est toujours opposé à cette solution. Déjà les noms circulent de Nicolas Dufourcq, PDG de Wanadoo, Noël Forgeard, patron d'Airbus, Thierry Breton, de Thomson Multimédia pour prendre sa place.Comme le souligne le Financial Times, Michel Bon, qui a en son temps dû faire grandir France Télécom en payant cash par la faute de l'Etat (le gouvernement Jospin refusant tout paiement en actions pour ne pas perdre le contrôle de la société), pourrait bien laisser un groupe qui, par effet boomerang, risque d'empêcher l'Etat de remplir ses engagements en matière budgétaire...

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