"Les marchés émergents restent attractifs"

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La Tribune.- Quels éléments soutiennent le rebond des marchés émergents de ces derniers mois?Mehran Nakhjavani.- Il en existe plusieurs. L'aversion au risque des investisseurs à l'égard des marchés émergents s'est estompée depuis les attaques terroristes du mois de septembre. Aujourd'hui, l'écart de rendement de la dette émergente est redevenu inférieur à ce que les obligations américaines à haut rendement doivent consentir. Ensuite, la politique d'assouplissement monétaire menée à la fois par la Réserve fédérale (Fed) et la Banque Centrale Européenne (BCE) a eu pour effet d'accroître les liquidités. Depuis quelque temps, les pays émergents d'Amérique du Sud, d'Asie et d'Europe Centrale bénéficient aussi d'une amélioration du commerce mondial, grâce à la reprise de la demande au sein des pays développés. Enfin et surtout, les actions cotées sur ces marchés présentent des niveaux de valorisation particulièrement attractifs: ces dernières se payent environ 11,9 fois leurs bénéfices escomptés pour 2002 contre 21,5 fois pour les marchés développés.Mais n'est-il pas trop tard pour investir sur ces marchés?Pas du tout. Si l'on se réfère à nouveau aux niveaux de valorisation, le PER 2003 des marchés émergents est inférieur de moitié à celui des pays développés. Il ressort à 9 contre 18. Le potentiel de rebond est donc très important. Certes, il existe encore des risques dont le principal est le caractère cyclique des économies émergentes. Du coup, un profond retournement au niveau macro-économique pourrait compromettre l'essor de ces marchés mais nous n'en prenons pas le chemin. Par ailleurs, je tiens à souligner les efforts des pays en développement en matière de gouvernement d'entreprise. Un bon point en leur faveur, alors que se multiplient les enquêtes des autorités boursières américaines sur les pratiques comptables de nombre d'entreprises américaines.Quels secteurs privilégiez-vous sur ces marchés ?Nos secteurs favoris sont celui des télécommunications, particulièrement les opérateurs de la téléphonie fixe dont l'endettement reste faible, mais également le secteur financier et celui de l'énergie. Les valeurs de l'énergie devraient particulièrement bénéficier du rebond des prix des matières premières observé depuis le début de cette année.Propos recueillis par Hélène Mazie

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