Renault limite la baisse de ses marges

Les résultats annuels de Renault font apparaître un bilan très mitigé. Certes, les résultats affichés, surtout en opérationnel, montrent un net repli. Néanmoins, ils s'avèrent moins catastrophiques que ne le prévoyaient les analystes.En premier lieu, ceux-ci craignaient que la marge opérationnelle de la branche automobile, qui s'élevait à 163 millions d'euros à fin juin, tombe dans le rouge au second semestre. Or, il n'en a rien été. A 53 millions d'euros sur les six derniers mois de l'année, elle est restée positive, même si elle est 12 fois moins importante que les 664 millions obtenus un an plus tôt. Ramené au chiffre d'affaires de la branche, cela représente 0,33%, après un taux de 0,93% au premier semestre. Sur l'année, le taux de marge opérationnelle aura été de 0,64%.Du coup, la marge opérationnelle du groupe est ressortie à 473 millions d'euros sur l'année, soit 1,3% du chiffre d'affaires de 36,35 milliards d'euros. Là aussi, le chiffre est largement inférieur (de 76%) aux 2,02 milliards de l'année 2000 et a marqué une lente dégradation au cours de l'exercice (de 304 millions d'euros à fin juin, la marge opérationnelle n'a atteint que 169 millions au second semestre). Renault a été touché par les crises turque et argentine et a été pénalisé par de lourdes charges de recherche et développement dues au renouvellement de la gamme. Mais ce chiffre reste, comme dans la division automobile, supérieur aux attentes. Les analystes contactés par Reuters, qui ne misaient que sur 134,5 millions d'euros au second semestre, attendaient sur l'année une marge opérationnelle de 438,5 millions d'euros.En revanche, le bénéfice net est en ligne avec les pronostics. A 1,05 milliard d'euros, il a cédé 2,69% sur celui obtenu un an auparavant. Mais les principaux éléments du résultat étaient connus à l'avance. La contribution de la filiale Nissan (détenue à 36,8%) a atteint 497 millions d'euros contre 56 millions un an plus tôt. En outre, ce résultat net a été dopé par des plus-values de cession: 335 millions d'euros pour la vente à Volvo de Renault VI et 318 millions d'euros pour la vente de la filiale logistique CAT.Mais le groupe était également attendu sur ses perspectives. Et s'il a mieux résisté qu'attendu sur l'exercice précédent, il est au contraire resté très prudent sur son proche avenir. Il a simplement rappelé, comme lors de la présentation de ses ventes mondiales en janvier, qu'il comptait "consolider les ventes" en 2002, en ajoutant qu'il escomptait conserver "une marge opérationnelle positive". Il s'est en revanche refusé à fournir des prévisions sur les différentes branches du groupe et notamment l'automobile que certains analystes attendent déficitaire cette année. "L'incertitude sur l'évolution des marchés est un peu plus forte qu'à l'accoutumée", a simplement indiqué, au cours d'une conférence de presse, Louis Schweitzer, le président du groupe.Renault lance cette année de nouveaux modèles, notamment son haut de gamme Vel Satis et une nouvelle Mégane. Mais le contexte sera pour lui difficile car les analystes anticipent une baisse du marché de 4 à 5% en Europe. Renault en est d'ailleurs conscient. "Il serait irresponsable de ne pas se préparer à une baisse de 4 à 5%", avait également indiqué Louis Schweitzer il y a peu. En Bourse, l'action a avancé de 3,03% avant la publication de ces chiffres, portant ses gains annuels à 5,6%.latribune.f

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