Les télécoms sombrent en Bourse

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"C'est toujours la même histoire, il y a des inquiétudes à propos du rebond des résultats d'entreprises avec, au premier plan, une déroute des TMT": c'est ainsi qu'un stratégiste de BNP Paribas, cité par Reuters, résume la situation, alors que l'indice européen DJ Stoxx des valeurs des télécommunications, qui perd 3% en fin de journée vendredi, est revenu aux niveaux qu'il affichait il y a cinq ans. Il s'agirait donc surtout d'une crise de confiance générale au moment où l'indice du Michigan est en repli pour juin. Et les télécommunications, un secteur endetté, sont les premières à souffrir. Toutefois, on peut trouver dans les annonces du jour quelques motifs qui ont pu en être le déclencheur.En premier lieu, Merrill Lynch a dégradé neuf opérateurs américains de téléphonie mobile, dont AT&T Wireless et Sprint PCS. D'ailleurs, Sprint a fait état de prévisions mitigées pour l'année (voir ci-contre). Certes, il table sur un bénéfice par action supérieur aux attentes dans la téléphonie fixe (Sprint FON). Mais dans cette même branche, son chiffre d'affaires devrait tout de même reculer plus sévèrement que prévu. Plus inquiétant, il a indiqué qu'en téléphonie mobile (Sprint PCS), les nouveaux contrats ne seront certainement pas au niveau espéré.Toujours en téléphonie mobile, le géant britannique Vodafone déçoit également. Sa filiale japonaise J-Phone a en effet dû augmenter les primes qu'elle verse afin de répondre à la forte concurrence qu'elle affronte. A Londres, Vodafone a touché un plus bas annuel à 88,5 pence. En fin d'après-midi, le titre cède encore 3,7% à 91 pence.Sur le continent, il n'y a guère plus de confiance. France Télécom, qui devra débourser plus de 450 millions d'euros pour une garantie de cours sur Crown Castle (voir ci-contre), a touché un plancher historique à 15,35 euros. En clôture, le titre lâche 6,76% à 15,85 euros, soit un peu plus que sa filiale Orange, dont les pertes sont de 3,85% à 5,50 euros.L'Allemand Deutsche Telekom n'est pas en reste en termes de records à la baisse, puisqu'il a de son côté effacé pour la première fois la barre des 10 euros, en tombant jusqu'à 9,71 euros. D'ailleurs, il reste sous les 10 euros en fin d'après-midi, avec une baisse de 2,45% à 9,96 euros. Deutsche Telekom est confronté au même type de problème que son homologue français, c'est-à-dire le financement de l'UMTS et un endettement spectaculaire.Enfin, les équipementiers restent, eux aussi, sous pression après l'avertissement lancé par Lucent jeudi (voir ci-contre). En particulier, Alcatel lâche encore 3,34% à 9,83 euros, après les 2,77% déjà perdus la veille.La question est donc désormais de savoir jusqu'où peut descendre le secteur. Car rien ne semble en mesure, à court terme, de redonner confiance aux investisseurs. Pourtant, plusieurs analystes considèrent que les niveaux de cours actuels ne sont pas justifiés. C'est notamment l'avis de Thierry Cota de SG Securities, lequel, dans une interview à La Tribune, estimait récemment que l'on était proche de valoriser le secteur comme une industrie déclinante alors qu'il n'est pas encore en phase de maturité (voir ci-contre).Par ailleurs, vendredi matin, Dexia Securities a confirmé son opinion positive sur France Télécom. Même dans l'hypothèse, peu plausible, d'une recapitalisation, l'analyste que considère le titre a un potentiel de rebond.

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