"L'action France Télécom vaut plus que son prix actuel"

Comment expliquez-vous le plongeon du titre France Télécom sous les 25 euros?France Télécom n'est pas le seul à chuter, il y a déjà une méfiance générale sur le secteur avec toutes les mauvaises nouvelles qui sont venues d'outre-Atlantique (WorldCom, AT&T). En ce qui concerne plus particulièrement l'opérateur français, Il y a bien entendu des inquiétudes sur la tournure que prendra l'affaire MobilCom. Enfin, nous croyons que c'est surtout la baisse plus forte qu'attendu dans la téléphonie fixe en France qui a surpris le marché. Jusqu'ici, les investisseurs ne se posaient pas trop de question sur ce point. Mais maintenant, il faut s'attendre à ce que France Télécom connaisse des difficultés dans ce domaine. Il pourrait à l'avenir perdre plus de parts de marché qu'il n'en a perdu au premier trimestre où sa pénétration est passée de 97 à 86%. Néanmoins, cela sera difficile à vérifier car la nouvelle présentation des comptes empêchera de mesurer ses futures parts de marché.Justement, cette modification n'a-t-elle pas été mal perçue à l'heure où le marché réclame plus de clarté dans la communication des entreprises?Il y a peu être un peu d'amertume chez certains après cette modification de présentation des chiffres. Le reproche que l'on peut adresser au groupe c'est de ne pas l'avoir fait en début d'année au lieu de l'annoncer peu de temps avant le chiffre d'affaires trimestriel. Néanmoins le but de France Télécom n'est pas de maquiller ses comptes à la manière d'Enron. Il est simplement dans une situation difficile où il doit satisfaire le marché tout en ne se dévoilant pas trop auprès de ses concurrents. L'affaire MobilCom fait craindre un alourdissement de l'endettement. La dette semble toujours au centre des inquiétudes...Il est vrai que l'endettement est toujours préoccupant. Outre les cessions envisagées, une augmentation de capital pourrait aider le groupe. Par ailleurs, France Télécom dispose d'un fort levier avec des obligations convertibles. Mais celui-ci reste conditionné à une hausse du cours.La fourchette d'objectifs de cours des analystes est très large. Cela met-il en avant un problème pour appréhender la valorisation du groupe ?Il n'y a pas de méthode de valorisation incontestable, néanmoins le principe généralement retenu reste encore celui de l'actualisation des flux de trésorerie. Bien entendu, les taux de croissance pris en compte ont changé. Mais ce qui prédomine reste l'appréciation que chacun peut faire des risques qui pèsent sur le groupe. Ainsi, des différences significatives résultent de la prise en compte ou non d'une possible intégration de MobilCom. Nous estimons que l'intégration de l'Allemand induirait à elle seule une décote de 7,6 euros pour France Télécom. On peut aussi envisager un scénario encore pire en imaginant une intégration de MobilCom et une reprise de E-Plus, la décote serait de 20 euros par action. En outre, il y a aussi lieu d'apprécier les variations que subiraient le plan de développement de France Télécom suite aux modifications réglementaires qu'imposera l'ART. Bref, ces écarts dans les valorisations reflètent d'une certaine manière les incertitudes qui pèsent sur le développement du groupe et montrent que le marché se pose des questions sur ses actifs. L'action peut-elle encore chuter ?Actuellement, le cours de France Télécom intègre déjà le pire des scénarios. L'action vaut plus que son prix actuel, et ce même si le groupe est obligé d'intégrer MobilCom. Mais nous pensons que le marché n'avait en particulier pas intégré les menaces pesant sur l'activité "vache à lait" : l'activité ligne fixe en France, mise en lumière à l'occasion de la dernière publication trimestrielle. Si l'on ajoute à cela la défiance actuelle des marchés pour les télécoms et le poids de la dette, l'action pourrait tomber encore plus bas. Peut-être jusqu'à 20 euros avant que les investisseurs aient un déclic.Qu'est ce qui pourrait redonner confiance au marché ?Une très bonne nouvelle sur MobilCom (par exemple le fait de ne pas l'intégrer) pourrait être un catalyseur. Mais cela a très peu de chances de se produire. Plus vraisemblablement, le rebond du titre dépendra des nouvelles du secteur et aussi de l'orientation du Nasdaq.

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