La fracture mondiale selon MSCI

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On a beau y être préparé, certaines métamorphoses n'en restent pas moins spectaculaires. Annoncée depuis un an, la recomposition des indices MSCI risque d'avoir un impact déterminant sur les places émergentes et, dans une moindre mesure, européennes. Car en retenant le flottant comme critère de sélection pour son indice vedette MSCI All Country World, Morgan Stanley Capital International vient de réduire fortement le poids des pays en développement. Par exemple, la part de l'Asie baisse de 1,25 point de pourcentage, tombant à 12,25 % dans l'indice.Tous les pays voient leur poids diminuer. Tous, sauf deux : les Etats-Unis et le Royaume-Uni, dont les parts augmentent respectivement de 2,81 % et 0,47 %. MSCI affirme que son objectif est de ne présenter que les titres accessibles aux gérants qui, d'ailleurs, sont libres de ne pas répliquer ses indices... Un argument discutable quand on sait que les analystes évaluent entre 3.500 et 6.000 milliards de dollars les fonds indexés sur le MSCI All Country.Mais, au fait, qui est MSCI, cette entité qui dispose d'une telle influence sur les critères d'investissement des capitaux internationaux? Là encore, la société se veut sans ambiguïté : "MSCI est in-dé-pen-dan-te !", comme ses décisions. Reste que cette PME de 200 personnes est contrôlée à 90 % par Morgan Stanley et à hauteur de 10 % par le Capital Group, un gérant californien. Effective à fin mai, la recomposition des indices MSCI intervient au moment où les investisseurs anglo-saxons s'affrontent justement sur la stratégie à suivre dans les marchés émergents. A ma droite les méfiants, tel le fonds Calpers, qui vient de se retirer pour des raisons "éthiques" de quatre pays d'Asie du Sud-Est. A ma gauche, des courtiers comme JP Morgan Securities et Barings Asset Management pour qui il est temps d'investir sur des marchés émergents sous-valorisés mais prometteurs. Ces derniers estiment que la présence d'investisseurs étrangers contribue au respect des règles de gouvernement d'entreprise de la part de sociétés avides de capitaux. Et qu'il est d'autant plus opportun d'investir dans les pays émergents que, comme le montrent les scandales Enron, Xerox ou Qwest, leurs valeurs ne sont finalement pas forcément plus risquées que les grands noms des cotes occidentales...

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