"L'entrée au CAC 40 n'est que partie remise pour le Crédit Agricole"

Latribune.fr.- La décision du Conseil scientifique des indices de remplacer Alstom par Vinci dans le CAC 40 vous semble-t-elle pertinente ?Jean-Charles Delcroix.- Je crois qu'il s'agit d'une bonne décision opérée en douceur. Surtout, le Conseil scientifique des indices n'a pas procédé à l'intégration d'une nouvelle banque, un secteur déjà largement représenté au sein de l'indice. Avec Vinci, le CAC 40 va se doter d'une valeur au large flottant et d'un vrai représentant de la construction. Car Bouygues réalise désormais une grande part de son activité dans les médias (TF1) et dans les télécommunications. On va donc vers un indice plus diversifié et avec une meilleure représentativité sectorielle. N'est-il tout de même pas étonnant de laisser à l'écart le Crédit Agricole qui est la dix-huitième capitalisation de la place parisienne ?La capitalisation ne doit pas être la seule approche. La diversification sectorielle est également importante car le CAC 40 a souffert de ce manque de représentativité dans le passé. Pour le Crédit Agricole, je pense que ce n'est que partie remise. Une fois les élections passées, nous aurons probablement du nouveau sur le dossier du Crédit Lyonnais. Et si ce dernier sort de l'indice, il sera certainement remplacé par le Crédit Agricole. En outre, le Crédit Agricole a été introduit en Bourse il y moins de trois mois et il n'est peut-être pas insensé de respecter une période d'observation avant une entrée dans l'indice phare parisien. Dans le passé, on a vu que le choix d'Equant avait peut-être été précipité.Auriez-vous souhaité d'autres modifications ?Arcelor avait aussi été évoqué. Mais il est issu d'une fusion et comme pour le Crédit Agricole, il me semble qu'une période d'observation n'est pas inutile. D'une manière plus générale, il n'aurait pas été opportun de remanier plus largement l'indice car je crois que les transformations ne doivent pas être trop brutales. Pour être crédible, l'indice doit bénéficier d'une certaine stabilité accompagnée d'une communication régulière. La gestion va devenir de plus en plus européenne avec l'élargissement du PEA. Pour justifier sa présence et s'imposer dans la gestion des 5 à 10 prochaines années, le CAC devra donc mettre en avant sa stabilité et le sérieux de sa construction.L'indice répond-il aujourd'hui à ces exigences ?Dans l'absolu, je dirais que le CAC 40 est encore trop volatil par rapport aux indices américains Dow Jones et S&P. Cela tient à la place importante qu'occupent toujours les TMT et aussi à la forte pondération des premières capitalisations. La solution serait peut-être de limiter artificiellement ("caper") le poids des plus grands groupes et d'accroître, comme cela a été fait avec Vinci, la dispersion de l'indice sur un plan sectoriel. Un indice ne doit pas forcément suivre les effets de mode.Propos recueillis par Olivier Decarre

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