"Les craintes relatives aux comptes des éditeurs de jeux vont s'estomper"

La Tribune - Infogrames a déçu sur ses perspectives. La reprise du secteur des jeux vidéos sera-t-elle de moindre ampleur qu'espéré ?Grégory Ramirez - Non la reprise est bien là. Nous anticipons une croissance du secteur comprise entre 20 et 25% cette année au niveau mondial. Toutefois le marché américain sera plus dynamique que le marché européen car les nouvelles consoles de Microsoft et Nintendo ne sortiront qu'au printemps en Europe. Par ailleurs, les consommateurs américains sont davantage friands de nouvelles technologies que leurs homologues européens qui pourraient bien dans un premier temps observer un enthousiasme moins marqué vis à vis de ces nouveaux supports. C'est donc en 2003 que la reprise se fera vraiment sentir de part et d'autre de l'Atlantique avec une croissance du secteur de l'ordre de 25%.La défiance des investisseurs vis à vis des comptes des éditeurs de jeux est-elle justifiée?Ces craintes ne sont pas nouvelles et resurgissent de temps à autre, lorsque surviennent des faillites d'entreprises. Compte tenu du modèle économique spécifique des éditeurs de jeux, notamment du décalage de trésorerie résultant de la durée de développement des jeux, les éditeurs ont des pratiques comptables légales mais inhabituelles. C'est ainsi qu'Ubi Soft a choisi d'immobiliser la majeure partie de ses coûts de développement au bilan au lieu de les passer en charges dans le compte de résultat. Mais le marché connaît ces pratiques et les prend en compte. C'est pourquoi je pense que la méfiance des investisseurs vis à vis de telles pratiques va s'estomper.Peut-on s'attendre à une reprise de Kalisto par un éditeur français ?Compte tenu de l'ampleur du passif de la société, je ne crois pas à un tel scénario. On peut toutefois imaginer que les équipes de Kalisto rejoignent les pôles de développement de tel ou tel éditeur. Sur le plan de la consolidation du secteur, seul le britannique Eidos me semble être une cible intéressante compte tenu de son prix attractif et de l'avancée des restructurations. Par contre Infogrames devrait perdre de son intérêt spéculatif. Vivendi Universal Games, à qui l'on prêtait l'intention de racheter l'éditeur, vient en effet de rabaisser ses ambitions et souhaite désormais figurer parmi les trois premiers éditeurs mondiaux alors qu'il visait la première place il y a encore deux mois.Propos recueillis par Hélène Mazie

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