Messier sur le point de quitter Vivendi

L'information parue ce matin dans divers quotidiens semble se confirmer avec le journal Le Monde qui, dans son édition datée de mardi, révèle que J2M a accepté de se plier aux exigences des administrateurs de Vivendi Universal. Une révélation qu'une "source industrielle" a confirmé à l'agence Reuters. Et une "source syndicale" de l'AFP rapporte qu'un conseil d'administration extraordinaire a débuté ce lundi après-midi en vue de "négocier les indemnités" de Jean-Marie Messier. Cette dernière information est toutefois démentie par le groupe Vivendi Universal. Selon les Unes du Financial Times et de Libération de lundi matin, déjà, le principe du départ de Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi Universal, avait été imposé, et obtenu, ce week-end par les administrateurs français du groupe, après la crise de confiance que connait le géant des médias. "Une majorité des treize administrateurs non exécutifs de Vivendi Universal pensent que Jean-Marie Messier devrait démissionner du poste de président directeur-général, dans un signe clair que son règne controversé à la tête du conglomérat français approche de sa fin", affirmait en Une le Financial Times. "Quelques administrateurs français avancent le nom de Jean-René Fourtou, vice-président du conseil de surveillance d'Aventis, le groupe pharmaceutique, comme principal candidat au poste de PDG par intérim du tentaculaire groupe de médias et services", ajoutait le quotidien anglo-saxon. Une information surprenante alors que la semaine dernière, lors d'une conférence téléphonique tenue à l'issue du conseil d'administration de VU, Jean-Marie Messier se disait près à rester "encore 15 ans" à la tête du groupe. Il semble donc que les administrateurs français de la multinationale ne l'aient pas entendu de cette oreille, et en premier lieu Henri Lachmann (PDG de Schneider Electric) et Jacques Friedmann (ancien PDG de l'UAP), qui, selon les quotidiens français, ont dès vendredi demandé la démission de J2M.Les difficultés rencontrées par le groupe Vivendi (endettement, chute du cours de Bourse) ont soulevé de longue date la question du maintien de l'emblématique PDG Jean-Marie Messier, dont l'omniprésence médiatique a fini par agaçer les milieux économiques, les financiers et les actionnaires de Vivendi (voir notre dossier). Le tout dans un contexte de défiance vis-à-vis des comptes des entreprises depuis l'affaire Enron et de mauvaise lisibilité de la stratégie du groupe. Certains boursiers estimaient même que le cours de l'action VU, qui n'a cessé de chuter, était affecté d'une "décote Messier".Selon Libération, à ces éléments défavorables sont venues s'ajouter des considérations politiques puisque le nouveau pouvoir "chiraquien" n'aurait jamais pardonné à J2M ses préférences "balladuriennes" (Messier fut conseiller aux privatisations de l'ancien Premier ministre), ainsi que la crise de Canal Plus en pleine campagne présidentielle. "Chirac ne lui pardonne pas d'avoir été l'homme lige de Balladur, avant de cirer les pompes des socialistes en soutenant les 35 heures", estime une source de Libération.Toujours selon les quotidiens, des fidèles de l'actuel président de la République, parmi lesquels Jérôme Monod (ex-PDG de Suez) et Claude Bébéar, président d'AXA, auraient "surveillé le dossier" depuis longtemps et fait du lobbying auprès du conseil d'administration pour prôner un changement de tête. "Le dernier conseil d'administration, mardi dernier, a été tragique et a laissé paraître une grande inquiétude sur les comptes. Ce n'était plus viable. Marc Viénot, le pape du gouvernement d'entreprise, avait couvert Messier jusque là, cela ne pouvait plus durer", explique ainsi une source proche du dossier à l'AFP. J2M était déjà affaibli par la défection d'un de ses principaux soutiens, en la personne de Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH (propriétaire de la Tribune).Parmi les noms évoqués pour la succession de J2M, celui de Jean-René Fourtou, vice-président d'Aventis et proche de Claude Bébéar, revient le plus souvent.Le groupe Vivendi se refuse pour l'instant à tout commentaire sur ces informations. Selon Libération, Jean-Marie Messier aurait tenté de négocier ce week-end son remplacement par Agnès Touraine, actuelle présidente de la branche Vivendi Universal Publishing, en se posant en défenseur du groupe face à d'éventuelles volontés de démantèlement de la part des actionnaires étrangers, dont la famille Bronfman (lire ci-contre). Le récent rebond boursier de VU serait ainsi dû, selon les sources de Libération, à des rachats massifs de la part des Américains, ce qui aurait inquiété les autorités françaises et précipité le désaveu de Messier.Selon le quotidien, le principe du départ de J2M est acquis, et les négociations portent maintenant sur ses modalités. Il aurait été demandé au PDG d'annoncer lui-même son départ. A défaut, les administrateurs publieraient un communiqué. "Soit Messier démissionne aujourd'hui, soit un conseil sera convoqué pour le démettre", a indiqué une source proche du dossier à l'AFP. Ce lundi, l'action VU termine la séance en hausse de 9,23% à 23,9 euros. Elle a rebondi de 26% depuis une semaine.

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