Les marchés reviennent neuf mois en arrière

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Qu'en est-il de la reprise? Les investisseurs semblent se poser la question et surtout, ils mettent en doute l'hypothèse d'un rebond proche et rapide de l'économie. "De nombreux opérateurs dans la gestion d'actifs sont très réticents à investir dans le marché", note un trader cité par Reuters, qui évoque la nervosité régnant actuellement. A ces doutes sur la santé de l'économie s'ajoutent des inquiétudes, persistantes depuis l'affaire Enron, concernant la transparence financière des entreprises.Du coup, et même si certaines valorisations apparaissent très faibles, tous les ingrédients sont réunis pour détourner les investisseurs du marché et entraîner les indices dans une spirale baissière. C'est encore le cas ce lundi. Dans l'attente des publications économiques à venir cette semaine, le Nasdaq perd 1,33% et le Dow Jones 1,02% vers 17h30 (heure de Paris).Les futures sur indices américains ayant laissé présager un début de séance difficile, les places du Vieux continent n'ont de leur côté pas attendu l'ouverture de New York pour afficher leur réserve. Elles se sont enfoncées dès les premiers échanges avant d'accentuer leurs pertes dans l'après-midi. Ainsi, le Dax allemand qui lâche 3,74% a marqué un nouveau plus bas annuel à 4.074,27 points, revenant très près de son point bas de septembre 2001. De la même façon, le FTSE cède 1,38% et l'AEX néerlandais 2,94%.Paris paie également un lourd tribut. A 3.664,17 points, le CAC 40 est revenu à des niveaux qu'il n'avait plus touchés depuis la triste séance du 21 septembre 2001. En clôture, il perd encore 3,43% à 3.669,24 points et seuls trois de ses composants sont dans le vert.Si Paris plie aussi fortement, c'est que ses valeurs emblématiques ne sont pas à la fête et marquent de nouveaux plus bas. A commencer par France Télécom. L'action de l'opérateur plonge de 16,2% à 10,40 euros alors que Moody's a dégradé la notation de sa dette et celle de sa filiale Orange, laquelle recule de 10,78% à 4,55 euros (voir ci-contre). Vivendi Universal est également en chute libre. Le titre, qui dévisse de 23,31% à 18,75 euros, a très nettement enfoncé la barre des 20 euros. Les modalités de sa sortie partielle de Vivendi Environnement ne parviennent pas à convaincre le marché. D'autant que certains émettent des doutes sur sa santé financière, vu que le groupe a procédé à cette opération dans une période peu favorable. Enfin, la chute est également nourrie par des inquiétudes sur un possible échec de la revente de Telepiù à News Corp (voir ci-contre).D'une façon plus générale, on notera que quatre valeurs de l'indice perdent plus de 10% et qu'elles sont dix-sept à lâcher plus de 3%. Hors de l'indice, les chutes sont elles aussi vertigineuses. Sur le SRD par exemple, quinze titres cèdent plus de 10%.Bull s'effondre et termine réservé à la baisse sur un cours de 0,43 euro (-20,37%). Les commissaires aux comptes du groupe ont tenu à attirer l'attention sur le fait que la poursuite de l'exploitation est conditionnée à l'acceptation par Bruxelles de l'avance de 450 millions d'euros consentie par l'Etat. D'un point de vue sectoriel, on relèvera enfin que Havas et Publicis perdent chacun plus de 6,5% après que le Britannique WPP a jugé ses objectifs pour 2002 "difficiles à atteindre" (voir ci-contre).

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