Cessions en série chez Vivendi

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Une page de l'ère Messier vient d'être tournée pour Vivendi Universal (VU). Confirmant les discussions qui avaient été engagées, Vodafone a annoncé qu'il rachetait les 50% qu'il ne détenait pas encore dans le portail Internet Vizzavi. Le prix de 142,7 millions d'euros payé en cash est globalement en ligne avec les 150 millions évoqués jusqu'ici.Cela peut paraître bien faible comparé aux 25 milliards que valait la société au plus fort de la bulle. Mais depuis, les valorisations ont fondu. Et surtout, contraint d'éteindre les foyers de pertes, Jean-René Fourtou, le président de VU, avait indiqué à la mi-août qu'il n'était plus question de continuer à investir dans Vizzavi. Ce dernier a en effet déjà coûté 500 millions d'euros entre 2001 et mars 2002 à chacun de ses deux actionnaires et l'équilibre n'est pas attendu avant 2004 (voir ci-contre).Simultanément, Vivendi a annoncé vendredi matin avoir vendu sa presse grand public (Express-Expansion et L'Etudiant) ainsi que sa presse gratuite (la Comareg) à la Socpresse (éditeur du Figaro), dont le principal actionnaire est le groupe Dassault. Ces derniers temps, les rumeurs avaient été nombreuses autour de l'Express mais, la semaine dernière encore, le groupe Dassault avait démenti un quelconque intérêt. VU empochera pour cette opération plus de 300 millions d'euros en cash.Du côté des actionnaires de VU, ces deux cessions pourront être vues comme un signe, symbolique et stratégique, positif. D'autant que, concernant Vizzavi, VU estime qu'il économisera 171 millions d'euros sur le développement du portail. En revanche, elles pèseront peu dans les 10 milliards de cessions d'actifs que prévoit le groupe d'ici deux ans. C'est pourquoi le marché s'intéresse aussi de près à Houghton Mifflin, dont le prix devrait être nettement supérieur (voir ci-contre). Vendredi matin, c'est le Financial Times qui a apporté de nouveaux éléments à ce dossier.Selon le quotidien, les investisseurs Blackstone et Thomas H. Lee seraient en effet les mieux placés pour emporter l'éditeur scolaire américain. Ils auraient même fait une offre à VU dont le FT ne donne pas le montant. Cette société, acquise il y a un an pour 2,2 milliards de dollars, serait valorisée 1,6 milliard par Bear Stearns. Mais VU souhaiterait en obtenir un peu plus. D'après les estimations qui ont circulé jusqu'alors, le prix pourrait atteindre 2 milliards d'euros au maximum. "Il n'y a absolument aucune chance qu'ils obtiennent ce qu'ils ont payé l'an passé. Les prix de tels éditeurs n'ont pas monté", souligne un banquier cité par le FT.Par ailleurs, VU ne sera pas en position de force. Car, bien qu'il y ait plusieurs acquéreurs potentiels, il lui sera difficile de s'entendre avec un autre candidat. D'une part, certains ne sont pas intéressés par la totalité de Houghton Mifflin. D'autre part, en raison des lois anti-trust, il paraît peu probable que VU traite avec un des grands noms de l'édition, comme Pearson, Reed Elsevier ou McGraw Hill.En Bourse, VU a oscillé tout au long de la journée et termine en hausse de 1,59% à 12,80 euros.

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