Alcatel en queue de peloton du CAC 40

Mal orientée depuis le début de l'année, l'action Alcatel poursuit son repli vendredi en affichant la plus mauvaise performance du CAC 40. En fin d'après-midi, elle lâche 6,68% à 16,06 euros, portant à plus de 16% son recul sur 2002.Difficile donc de ne pas penser aux déclarations de Pierre Suard, l'ancien dirigeant du groupe jusqu'en 1995, qui accuse les dirigeants d'avoir utilisé après son départ des pratiques comptables contestables. D'autant que ces propos interviennent au moment où les traitements comptables sont au centre des préoccupations des investisseurs avec l'affaire Enron. Dans un entretien au journal Le Parisien à l'occasion de la sortie d'un livre, Pierre Suard estime que "la barque a indiscutablement été chargée à l'époque [en 1995 au moment où Serge Tchuruk a pris les rènes de l'entreprise]". Selon lui, le groupe aurait alors gagné deux à trois milliards de francs au lieu d'en perdre 25 milliards. Concernant les années suivantes, il indique que les résultats affichés ont surtout bénéficié d'éléments exceptionnels et qu'en les écartant, le groupe aurait perdu en moyenne 6 milliards de francs par an.Ces accusations ont rapidement été démenties par le groupe. "Les propos de M. Suard concernant les comptes d'Alcatel Alsthom en 1995 sont infondés", a indiqué un porte-parole en ajoutant: "cette mise en cause d'Alcatel est de nature à porter préjudice à la société qui se réserve de faire valoir ses droits et de protéger les intérêts de ses actionnaires par tout moyen approprié". Néanmoins, pour les opérateurs, cette affaire est pratiquement une tempête dans un verre d'eau. "Ce n'est pas très sérieux mais dans le contexte lié à l'affaire Enron, ça joue un peu", a déclaré un professionnel interrogé par Reuters.Ainsi, d'autres facteurs ont également pesé sur le titre, comme l'accentuation des pertes du marché en cours de journée suite à la baisse de l'indice de confiance des consommateurs américains (voir ci-contre). Mais ce n'est pas tout. "Il y a une accumulation de choses avec notamment la chute de Juniper, de Nortel et JDS Uniphase mercredi", a également précisé le spécialiste du secteur cité précedemment. Nortel et JDS ont en effet cédé plus de 6% sur la séance. Juniper a quant à lui chuté de 16%, alors que son concurrent Cisco aurait augmenté ses parts de marché (voir ci-contre). L'opérateur Qwest a également terminé la journée de mercredi en forte baisse à Wall Street (-12,8%). Incapable de trouver preneur pour des effets commerciaux, Qwest a dû se tourner vers une ligne de crédit bancaire. Les agences Standard & Poor's et Moody's ont décidé d'abaisser les notations de la dette du groupe."Je ne pense pas qu'il y ait de risque de faillite sur Qwest. Ils ont simplement utilisé leurs réserves. Mais tout le monde est un peu nerveux dans le secteur des télécommunications en ce moment ", note un analyste Ces nouvelles, qu'elles proviennent d'équipementiers ou d'opérateurs, ne sont donc pas en mesure de favoriser le parcours boursier d'Alcatel, pas plus que celui du secteur des télécoms d'un point de vue général. D'ailleurs, Alcatel n'est pas seul à reculer. A Paris, France Télécom perd 5,83% à 30,20 euros et Orange 1,77% à 7,23 euros.latribune.f

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