EADS est resté bénéficiaire au premier semestre

EADS a annoncé jeudi un bénéfice opérationnel (avant impôts, intérêt, goodwill et exceptionnels), de 775 millions d'euros au titre du premier semestre 2002, en hausse de 1% comparés aux 764 millions de la même période en 2001. Une performance réalisée malgré le retournement général du marché de l'aéronautique civile, et un accroissement des dépenses de recherche et de développement pour l'A380, l'avion géant d'Airbus. Sur la période, le chiffre d'affaires du groupe a atteint 13,97 milliards d'euros contre 14,04 milliards un an plus tôt. Le bénéfice net du premier semestre s'inscrit en fort retrait, à 91 millions d'euros contre 1,6 milliard au premier semestre de l'an dernier. Cette dégringolade impressionnante de 95% est due au fait que le résultat du premier semestre 2001 incluait un profit exceptionnel de 456 millions d'euros. La correction reste supérieure aux prévisions des analystes contactés par l'AFP. Ces derniers attendaient une perte nette comprise entre 4 et 39 millions d'euros, pour un bénéfice opérationnel de 567 millions d'euros avec un chiffre d'affaires de 13,37 milliards d'euros.Par division, le bénéfice opérationnel d'Airbus a progressé de 10% à 874 millions d'euros. Ce chiffre prend en compte un gain de 63 millions tirés de la participation d'EADS dans la société d'équipements Aircelle. "Etant donné la baisse des livraisons et des coûts de recherche et développement plus élevés, les résultats d'Airbus au second semestre seront inférieurs à ceux du premier", a précisé le groupe. Les prises de commande ont chuté de 65% au premier semestre.La division aéronautique (hélicoptère, avions régionaux) a engrangé un bénéfice de 63 millions d'euros, en recul de 26%. Toutes les autres activités affichent des pertes. Dans les avions de transport régionaux, le résultat était négatif de 72 millions, contre une perte de 21 millions sur les six premiers mois de 2001. La faillite de l'avionneur régional germano-américain Fairchild Dornier, dont la division était un fournisseur d'équipement, explique en partie cette chute. Dans les activités espace, en perte de 85 millions d'euros contre un bénéfice de 29 millions, EADS a dû passer des provisions pour risques qui ont affecté le résultat de l'ensemble du groupe. Fort d'une bonne résistance globale, EADS a révisé à la hausse sa prévision de résultat opérationnel (Ebit) pour 2002, qui devrait être supérieur de 20% au 1,2 milliard d'euros anticipés. "EADS a montré une performance meilleure que prévue au premier semestre 2002 en parvenant à gérer des conditions de marché difficiles, en particulier dans les activités d'aviation civile", ont commenté les deux présidents de l'exécutif du groupe, Philippe Camus et Rainer Hertrich. "C'est pourquoi nous sommes heureux de relever notre objectif de résultat Ebit pour 2002 de 20%", ont-ils ajouté. Sur l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires devrait se contracter de 3% si le dollar reste à parité avec l'euro, a indiqué le groupe. "Nous nous attendons à un résultat net, après amortissement des survaleurs et exceptionnels, positif en 2002", a ajouté le directeur financier. En avril dernier, EADS avait annoncé qu'il prévoyait de terminer l'année 2002 en léger négatif, en raison d'un montant élevé de dépréciations d'actifs. On apprenait en outre dans la matinée que EADS va racheter la participation de 25% de l'anglais BAE Sytems dans le constructeur européen de satellites Astrium, pour un montant de 165 millions d'euros. D'autre, des déclarations du co-président Philippe Camus, lors d'une conférence téléphonique, sont de nature à relançer les rumeurs sur un éventuel rapprochement avec Thalès. "Nous envisageons de développer nos activités dans ce secteur et nous cherchons des opportunités", a ainsi déclaré le dirigeant, ajoutant "nous sommes prêts à considérer toute option". Des déclarations qui ont fait mouche alors que le groupe Alcatel n'écarte pas l'idée de céder les 16% qu'il détient dans Thalès.Philippe Camus a réagi en signifiant que "la coopération avec Thales permet de pouvoir se développer sans avoir besoin de participation capitalistique".Jeudi à Paris, le titre profitait du rebond général des marchés en s'adjugeant jusqu'à 7% de hausse avant de terminer à + 0,99% à 14,25 euros.

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