Le Crédit Agricole dans la cour des grands

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Le Crédit Agricole est entré dans le CAC 40 par la grande porte, porté par une séance de fort rebond sur les marchés. En clôture, le titre gagne 2,38% à 21,5 euros. Et ce alors même que les gérants de fonds indiciels, dont les portefeuilles doivent refléter la composition de l'indice phare de la place parisienne, ont déjà acheté la valeur, comme le montrent les forts volumes enregistrés lundi 5 août. Depuis l'annonce, début juillet, de son entrée dans l'indice, le titre a gagné 20%.Exit donc Dassault Systèmes pour laisser la place à une valeur bancaire, encore une. Car les opérateurs ne sont pas dupes quant aux finalités de cette intégration au CAC. Ainsi, Jean-Charles Delcroix, Directeur général d'Etoile Gestion, expliquait récemment à la Tribune: "L'arrivée du Crédit Agricole porte à environ 22 % le poids des financières dans l'indice. Compte tenu de leur récent parcours en Bourse, les valeurs bancaires étaient déjà devenues le secteur dominant de l'indice et cette décision va amplifier un mouvement de marché. Ce n'est pas une façon de se prémunir contre l'instabilité. Mais je crois que la décision est calculée. Elle va soutenir le titre Crédit Agricole. Ce qui rendra plus aisée, le cas échéant, une offre en titres sur le Lyonnais."L'entrée "politique" de la banque dans le CAC a donc lieu juste après un mouvement d'attaques sur les valeurs bancaires, intervenu comme un coup de sifflet final après la surperformance du secteur depuis le début de l'année (lire ci-contre). L'indice DJ Stoxx Banks fait toujours mieux que le marché (-18% depuis le début de l'année contre -26% pour le DJ Stoxx 600), mais les banques françaises ont comblé leur décote chronique (lire ci-contre) juste avant que les inquiétudes ne rattrapent le secteur.Début juillet, un coup d'arrêt à la bonne performance du secteur est intervenu. Il s'explique par plusieurs facteurs : craintes des expositions aux affaires Enron et Worldcom, ainsi qu'à la crise argentine, répercussions de la morosité boursière sur les comptes des divisions de banque d'affaires... Des inquiétudes confirmées par les résultats en baisse d'Abbey National ou les mises en cause de JP Morgan et Citigroup dans l'affaire Enron. Mais les récents résultats de BNP Paribas et du Lyonnais ont réussi à enrayer la panique et ont démontré, une fois de plus, la capacité de résistance des banques françaises. Le Crédit Agricole n'a pas échappé à ces soubresauts, d'autant qu'au mois de juillet, le directeur financier, Gilles de Margerie, a revu à la baisse ses objectifs de croissance de résultat. Objectifs pourtant confirmés lors de l'assemblée générale des actionnaires en mai. Suite à cette annonce, la valeur avait perdu 7%, revenant à son cours d'introduction de décembre 2001. Cependant l'image de l'établissement (considéré comme le futur "prédateur" du Crédit Lyonnais), renforcée aujourd'hui par son entrée dans la cour des grands, a permis à la valeur de résister à moyen terme. Le titre s'offre une progression de 18% depuis le début de l'année.

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