Des Français en tête du classement des conseillers en fusions-acquisitions en Europe en 2001

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François Henrot et Régis Prunier sont classés aux deux premières positions des banquiers-conseil les plus actifs sur le marché européen des fusions-acquisitions, d'après un classement réalisé par Mergermarket, le bureau d'information financière spécialisé dans les fusions-acquisitions.François Henrot, qui a travaillé sur des transactions comme le rachat du franco-anglais Sema par Schlumberger, l'acquisition d'Eulia par la CDC ainsi que le rachat de Picard Surgelés par Candover, la maison de capital-investissement anglaise, est une figure établie et reconnue du marché. Cependant, les noms de Régis Prunier et de Christian Giacomotto, en cinquième position, tous les deux officiant chez Gimar Finance, montrent une présence inhabituelle des Français au top du classement. La performance de nos compatriotes est d'autant plus surprenante que le secteur des fusions-acquisitions en France a déçu de nombreux observateurs en 2001 et devrait continuer sur la même lancée cette année. Des raisons structurelles inhérentes au marché français et à son système législatif continuent en effet de compliquer la tâche d'un certain nombre d'acteurs du marché, qui essayent de développer le mouvement de restructuration des entreprises en France.Le classement des individus par valeur voit François Henrot descendre en cinquième position, derrière quatre banquiers-conseil d'UBS Warburg, dont Ken Costa en première place: UBS a été présent sur les quelques méga-opérations qui ont eu lieu en 2001, comme le rachat de Dresdner par Allianz en Allemagne, la vente par Aventis de sa division Cropscience à Bayer ou encore la prise de contrôle de Japan Telecom par le britannique Vodafone.Le classement des banques-conseil par valeur voit Goldman Sachs rester à la première place, ayant travaillé sur des opérations de fusions-acquisitions d'une valeur de plus de 190 milliards d'euros. UBS Warburg arrive en deuxième position, suivi de Merrill Lynch et Morgan Stanley. Ce dernier, classé deuxième en 2000, fait partie d'un groupe de banques comme Credit Suisse First Boston, Rothschild ou Schroder Salomon Smith Barney qui avaient construit un réseau important autour du secteur des télécommunications, médias et technologie (TMT). Rothschild et Credit Suisse avaient réalisé respectivement 64% et 60% de leurs revenus dans le secteur TMT en 2000, secteur qui n'a pas tenu toutes ses promesses - loin de là - l'année suivante. BNP Paribas fait son apparition dans le Top 20, avec une quatorzième place qui vient ponctuer sa bonne année au niveau du conseil en fusions-acquisitions.Le classement des banquiers conseils en Europe est justifié par l'importance grandissante que prennent les individus dans la relation entre entreprises et banques-conseil. Certes, de récentes fusions entre acteurs du marché, comme JP Morgan et Chase ou encore Citigroup et Schroders (Schroder Salomon Smith Barney), sont fondées sur la force de frappe combinée qu'un groupe global peut offrir à ses clients, à savoir la capacité de la banque-conseil à offrir à son client d'autres prestations comme un prêt pour financer le rachat d'un concurrent ou une réorganisation de la dette. Cette stratégie n'a cependant pas encore démontré tous ses bienfaits.En revanche, le transfert d'un banquier senior d'un établissement à un autre est souvent accompagné par celui de ses clients principaux, et vice versa, c'est à dire qu'une entreprise décidera souvent de changer de banque-conseil si un nouveau président ou directeur est nommé. Marconi en est un exemple récent. Une des meilleures illustrations est peut-être le départ des "faiseurs de pluie" James Lupton et Simon Borrows d'ING Barings à Londres pour créer le pôle conseil de Greenhill & Co. Après ce transfert, suivi en France par le départ de Pierre Paris pour Morgan Stanley, ING, qui était parmi les meilleures banques-conseil de Londres, a vu sa position dégringoler et ne s'est pas encore remise du choc.

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