L'exception Messier

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Restera, restera pas ? Depuis des mois, les marchés réclament la tête de Jean-Marie Messier aux commandes de Vivendi Universal et votent avec leurs pieds : le titre a perdu 45% de sa valeur en cinq mois. Après l'assemblée du 24 avril qui devait le voir débarqué, ce qui ne fut pas le cas, dépitant bien des "hedge funds" qui avaient parié sur une révolution de palais, le conseil d'administration du 29 mai devait signer la fin du PDG controversé.Si Messier a réussi sans trop de casse ce nouvel examen de passage, la spéculation est toujours là. Il saute si le cours retombe à 30 euros, disent les uns. Sa mission est de faire le ménage d'ici septembre, voire la fin de l'année, croient savoir d'autres. Pour l'instant, défiant les pronostics, J2M tient bon, "accroché à la barre" selon ses propres termes. Tout juste est-il désormais placé en liberté surveillée, sous l'oeil qu'on imagine vigilant d'Edgar Bronfman Jr et de Marc Viénot, co-présidents d'un très cosmétique groupe de travail sur le gouvernement d'entreprise. "Les administrateurs ont-ils fait leur travail ?", s'interrogent les observateurs, notamment la présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), Colette Neuville. Pouvaient-ils seulement sanctionner Messier ? Certains lui doivent leur carrière, d'autres lui vouent une inimitié à peine voilée mais ne peuvent pas toujours jeter la pierre avant de balayer devant leur propre porte. Mais débarquer Messier était-il seulement dans l'intérêt de la place de Paris, comme Claude Bébéar s'évertuait à en convaincre les milieux d'affaires ? C'était prendre le risque de voir les actionnaires et les dirigeants américains reprendre la main et, partant, faire exploser le groupe en scindant les actifs de médias et d'entertainment d'un côté (outre-Atlantique) et les concessions de l'autre (SFR, Environnement, voire Canal Plus). Un aveu d'échec cinglant de la fusion à trois, un raté industriel sans précédent qui éclabousserait l'ensemble du patronat français. Après la débandade du Lyonnais à Hollywood avec la MGM, la grenouille Messier qui avait voulu se faire plus grosse que le boeuf yankee se voyait obligée d'abandonner son grand rêve américain pour reconstituer la bonne vieille Générale des eaux centenaire ! Messier serait-il en fait devenu le dernier rempart à cette grande humiliation nationale ?

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