"Le risque générique sous surveillance"

La Tribune.- Le rapprochement Pfizer-Pharmacia intervenu cet été annonce-t-il une nouvelle période de consolidation ?Florent Cespedes. - Le secteur est engagé de longue date dans un mouvement de recentrage dans lequel les acteurs cèdent leurs activités non-pharmaceutiques. Roche vient de vendre ses vitamines au néerlandais DSM, Novartis souhaite se désengager de l'alimentation/nutrition (Ovaltine) et Pfizer est en train de céder ses produits de rasage (Schick-Wilkinson). Le rapprochement de Pfizer avec Pharmacia fait évidemment partie d'une autre logique, celle de la consolidation dans un secteur encore très atomisé. Même après cette opération, la première grande manoeuvre depuis deux ans, les deux premières sociétés mondiales détiennent moins de 20% du marché. Mais dans le secteur pharmaceutique, la taille n'est pas tout. Il faut aussi tenir compte du "risque générique". Quels sont les laboratoires les plus exposés à ce risque ?L'exposition au risque de voir des médicaments génériques concurrencer des produits phare pénalise notamment Sanofi-Synthélabo. Le groupe est en effet engagé aux Etats-Unis dans un procès complexe concernant la validité du brevet de sa molécule phare clopidogrel (Plavix), le principal relais de croissance de Sanofi. C'est une situation inédite car habituellement les batailles juridiques concernent des brevets protégeant les procédés de fabrication ou l'utilisation des médicaments. Si le procès tourne en défaveur de Sanofi, cela peut être grave pour l'ensemble de l'industrie, car il n'y aura plus de certitude possible sur la solidité des brevets concernant les molécules. Le risque générique doit être surveillé de très près, au même titre que la qualité du portefeuille de recherche.Dans ces conditions, quelles valeurs privilégier ?Il convient donc de s'intéresser aux valeurs faiblement exposées au risque générique et qui présentent un portefeuille de recherche dense. Les sociétés suisses comme Novartis ou Roche satisfont le premier critère, alors que AstraZeneca ou GlaxoSmithKline sont beaucoup plus exposées aux génériques. Aventis connaît cette situation avec Allegra, mais vient de commercialiser deux nouveaux "blockbusters" potentiels et affiche une décote de 20% (en terme de EV/Ebitda 2002) par rapport au secteur.

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