Le taureau est de retour

Faut-il s'inquiéter de la baisse enregistrée la semaine dernière sur les principales places boursières ? Point du tout, entonnent en choeur les stratégistes. Il faut d'abord re-la-ti-vi-ser : -4% et des poussières à Paris et en moyenne en Europe, pas de quoi paniquer. Ensuite, il était nécessaire et même sain de "souffler", de "consolider" dans le jargon, pour digérer la violente reprise de 20% en trois semaines, et pour, si possible, mieux repartir à la hausse. Car cette semaine, c'est l'épreuve de vérité : les marchés se trouvent à la croisée des chemins. Poursuivre la reprise et terminer le mois en fanfare sur un fringant "rally de fin d'année", déjà bien entamé, pour effacer une partie du recul très prononcé depuis janvier : 30% en moyenne sur le Vieux Continent. Ou bien aller encore davantage de l'avant et dire au revoir au "bear market" (marché baissier) dans lequel sont empêtrées les places européennes depuis deux ans.... Tenez-vous le pour dit : le taureau est de retour dans l'arène. A peine audibles il y a seulement deux semaines, les avocats du marché haussier regroupés sous l'emblème d'un fougueux taureau ("bull" en anglais) osent proclamer au grand jour leur credo : la baisse, c'est fini ! Et font valoir quelques arguments assez convaincants sur une reprise fondamentale. Ainsi, nous serions actuellement dans une situation inverse à mars 2000, le sommet de la bulle et le début d'une longue décrue : les marchés avaient à l'époque touché par deux fois des plus hauts historiques, de même qu'ils viennent de flirter à deux reprises avec des plus bas depuis plus de cinq ans. Et la probabilité qu'ils soient sous-évalués avoisine 90%, selon les calculs du bureau d'études Jacques Chahine Finance ! Les niveaux de valorisation, notamment les rapports cours bénéfice (le fameux PER) seraient historiquement bas par rapport à la moyenne depuis 1985. Et les pics de volatilité atteints ces dernières semaines seraient autant de signes que nous sommes à l'aube d'un grand retournement. Les ours ont beau brandir le chiffon rouge d'une intervention américaine en Irak, qui pourrait bien être une catastrophe pour de nombreux secteurs d'activité, les adorateurs du taureau ne veulent rien entendre. Souhaitons qu'ils aient raison...

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