La consommation américaine plonge en février

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La morosité ambiante laissait craindre une baisse de la consommation américaine au mois de février. Mais les chiffres sont pires que prévu, car tandis que les analystes misaient sur une baisse de 0,4% des ventes au détail, celles-ci ont en fait chuté de 1,6% par rapport au mois de janvier, où l'on avait enregistré une hausse de 0,3% (chiffres révisés). Les statistiques publiées aujourd'hui par le département du Commerce signalent la plus forte baisse de l'indice depuis novembre 2001. La baisse enregistrée concerne tous les secteurs. Même en excluant l'automobile, les ventes de détail glissent de 1% (contre une hausse de 1,2% en janvier), un dérapage comparable à celui de septembre 2001, où le commerce de détail avait subi de plein fouet les conséquences des attentats sur le World Trade Center.Plusieurs facteurs ont fait plonger l'indice. Tout d'abord, la vague de froid et les tempêtes de neige de février - les plus fortes depuis dix ans - ont poussé les consommateurs à différer leurs achats. Puis le renchérissement du coût du pétrole a joué dans le même sens. Enfin et surtout, les craintes liées à la guerre au Moyen-Orient et à des actes terroristes aux Etats-Unis ont eu un fort effet dissuasif sur les ménages américains. "C'est l'effet "CNN" : les gens regardent la télévision au lieu d'acheter", observe Cary Leahey, chef économiste chez Deutsche Bank Securities, interrogé par Reuters, ajoutant que "les chiffres sont extrêmement décevants". Les statistiques de février impliquent "que les espérances de croissance du PIB pour le premier trimestre sont assez réduites. En tout cas, la contribution de la consommation sera faible" estime pour sa part Philippe Waechter, de la Banque Populaire Asset Management. Moteur de l'économie américaine, "le consommateur a soutenu la croissance pendant des années alors que l'investissement des entreprises faiblissait. Voilà que le consommateur faiblit à son tour", déclare à Reuters l'analyste Timothy Ghriskey. "Cela augmente les chances que la Fed baisse ses taux la semaine prochaine", ajoute cet économiste.

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