"La notion de rendement est revenue au premier plan"

latribune.fr- De nombreux groupes ont axé leur communication financière sur les dividendes. Est-ce le signe d'un véritable retour en grâce de la politique de distribution?Patrick Leguil- Effectivement, face à la baisse des marchés, et après des années 90 où n'étaient recherchés que les meilleurs bénéfices par action, la notion de rendement et de valeur est revenue au premier plan. Le phénomène est sensible des deux côtés de l'Atlantique. Aux Etats-Unis, il bénéficie en particulier du plan Bush prévoyant la suppression de la double imposition sur les dividendes. Le cas de Microsoft, qui va verser le premier dividende de son histoire au titre de 2002, est d'ailleurs symbolique du changement qui s'opère, même si les 850 millions de dollars offerts restent anecdotiques par rapport à la trésorerie de 43 milliards de dollars.Peut-on par conséquent s'attendre à une hausse globale des dividendes versés au titre de 2002?Dans le cas du CAC 40, la suppression nécessaire du dividende dans certaines TMT - tel France Télécom - va tout de même se faire ressentir. Dès lors, la masse globale de dividendes 2002 (payés en 2003) devrait reculer de 15% (14,5 milliards d'euros). En outre, comme toujours dans les périodes de rebond du résultat, le taux moyen de distribution [dividende sur résultat] sur le CAC 40 devrait chuter: d'environ 4 points à 41%, se situant ainsi dans la moyenne basse des années 90. Les chiffres sont par ailleurs très variables d'un groupe à l'autre. Parmi ceux qui distribuent le plus, devraient encore se distinguer TF1 (79,5%), Suez (70%) et Axa (60%). A l'opposé on retrouve plutôt les secteurs technologiques et des télécoms, avec Orange ou Cap Gemini. Pour eux le besoin de désendettement éradique la notion de rendement. Des différences sont également visibles sur le plan géographique : historiquement, les taux de distribution sont plus élevés en Europe qu'aux Etats-Unis. Pour l'exercice 2002, ils seront compris entre 41 à 60% sur le Vieux continent, alors qu'ils sont attendus entre 6,5% (Nasdaq 100) et 37% (Dow Jones) à Wall Street.Dans ces conditions, que va-t-il en être des rendements (ratio dividende/valeur boursière)?Les rendements ont atteint un point bas en 1999, avant de se redresser. Cette année, en raison du repli des marchés, ils vont de nouveau progresser pour atteindre 2,3% en net sur le CAC 40, soit un niveau proche du plus haut de 1990 qui était de 2,9%. Si l'on compare le rendement net des actions aux taux d'intérêt à long terme, le ratio est aujourd'hui de 0,7, contre 0,3 en 1990. Bref, de ce point de vue, les actions ne sont pas chères.Où se situent les plus fort rendements?La tendance est globalement la même que pour les taux de distribution. Sur le Stoxx 600, qui permet d'avoir une vision sectorielle large, les plus forts rendements nets restent l'apanage des banques, de l'assurance et des services aux collectivités (entre 4 et 4,9% cette année). En revanche, les TMT affichent toujours les rendements les plus faibles (de 1,4 à 2%). Enfin, les rendements sont aussi plus limités aux Etats-Unis (de 0,2 à 2,1%) qu'en Europe (de 2,3 à 4%).La reprise économique attendue ne va-t-elle pas mettre un frein à la générosité des entreprises?C'est prévisible. Une progression future des bénéfices des entreprises, accompagnée d'une reprise des marchés, devrait conduire inévitablement à des taux de distribution plus réduits. Celui du Stoxx 600 devrait en moyenne tomber de 52% cette année à 44% l'an prochain. A titre d'exemple, citons le cas d'Axa, dont le taux passerait, selon nous, de 60 à 43%.

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