Francis Mer n'envisage plus une croissance de 2,5% en 2003

L'année 2003 n'offrira pas le rebond tant espéré. Interrogé sur France 2, le ministre de l'économie, Francis Mer, a reconnu vendredi que l'objectif d'une croissance à 2,5 %, fixée dans le budget 2003, "n'est plus atteignable". Il a confirmé que le gouvernement ferait de nouvelles prévisions de croissance fin mars pour 2003. Toutefois, si l'horizon s'éclaircit, a-t-il ajouté, "cela ne veut pas dire qu'on ne se retrouvera pas sur cette même pente de 2,5 %, c'est-à-dire avec au moins un trimestre de croissance soutenue". Le pessimisme est actuellement de mise pour la plupart des observateurs : cette semaine, le Medef a révisé à la baisse ses objectifs initiaux de croissance pour 2003 (entre 1,5 et 2%). Le patronat français estime qu'elle serait plutôt comprise entre 1 et 1,5%.En revanche, bien qu'il n'y ait pas vraiment de quoi se réjouir, la croissance française a été légèrement meilleure que prévu l'an passé, a révélé l'INSEE ce matin. En 2002, le produit intérieur Brut (PIB) s'est inscrit en hausse de 1,2%, soit 0,2 point de mieux que précédemment anticipé par l'institut national de la statistique (+1%).Cette relative bonne nouvelle s'explique par les deux légères révisions à la hausse auxquelles a procédé l'INSEE. La croissance du PIB du premier trimestre, période qui compte le plus dans la moyenne annuelle, a finalement été relevée à 0,7% au lieu de 0,6%, tandis qu'au troisième trimestre le PIB a augmenté de 0,3%, contre +0,2% jusqu'à présent. L'INSEE a laissé le deuxième trimestre inchangé à +0,4%. Au quatrième trimestre, la croissance est ressortie à +0,2 %, en ligne avec le consensus et les prévisions de CDC Ixis. Les dépenses des ménages progressent toujours, mais à un rythme ralenti, relève également l'INSEE. Au quatrième trimestre, elles ont augmenté de 0,4 %, après +0,6% au troisième trimestre. Le chiffre est toutefois un peu meilleur que les pronostics de CDC Ixis, qui prévoyait une progression trimestrielle de 0,3 %. En 2002, les dépenses de consommations des ménages ont légèrement augmenté de 0,2%. Les entreprises sont peu enclines à investir dans le climat actuel d'incertitude économique. Elles ont réduit leurs investissements de 0,7% au quatrième trimestre, après -0,8% au trimestre précédent. Sur l'année, le recul est de 1,3%. En 2002, l'investissement total (ménages et entreprises) s'est contracté de 0,6%. Enfin le commerce extérieur affiche une croissance timide sur l'année: les exportations ont progressé de 1,5%, tandis que les importations ont diminué de 1,2%.Incertitude sur le déficit publicConcernant le déficit public en 2002, le ministre de l'Economie a indiqué qu'il "ne sait pas exactement où nous en sommes" et qu'on "le saura un peu plus précisément d'ici quinze jours", quand l'Insee publiera, le 11 mars, les comptes des administrations publiques. Questionné sur France 2 sur le franchissement possible l'an dernier des 3%, seuil fixé par le pacte de stabilité européen, Francis Mer a répondu "j'espère que non", ajoutant que "ça ne l'empêche pas de dormir parce que de toute façon il n'y a pas de différence fondamentale entre 2,9% et 3,1%". Il a conclu que la situation de déficits aggravés est "partagée largement par beaucoup de pays".

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