Imca lance un nouvel ultimatum pour la reprise d'Air Lib

C'est ce soir à minuit que se joue le sort d'Air Lib. Imca, le groupe néerlandais repreneur potentiel de l'entreprise, a jusqu'aux douze coups d'horloge pour signer le protocole de reprise de la compagnie aérienne française. C'est également à minuit qu'expire la licence d'exploitation d'Air Lib. Le PDG d'Imca, Erik de Vlieger, va-t-il signer ou jeter l'éponge et fuir la scène ? Depuis le début des négociations avec le gouvernement français, l'entrepreneur néerlandais affectionne les coups de théâtre, de départs annoncés en fausses sorties. Ainsi, il n'a pas hésité à adresser un ultimatum aux syndicats pour que ces derniers acceptent son plan d'amélioration de la productivité.Aujourd'hui, "la balle est vraiment dans le camp de M. de Vlieger", a souligné Jean-François Legrand, président du Conseil Supérieur de l'Aviation Marchande à l'issue d'une réunion de cet organisme mercredi matin. "En cas de signature, le CSAM accordera une licence d'exploitation définitive à la compagnie Air Lib", a-t-il déclaré.Imca subordonne sa décision à un accord avec Airbus. Le groupe néerlandais réclame d'acheter au meilleur prix 29 appareils A319 afin de renouveler la flotte de la compagnie française. Et son PDG, Erik de Vlieger, a prévenu qu'il ne signerait pas le protocole s'il n'obtenait pas satisfaction sur les prix des Airbus, sans que l'on ait aucune précision chiffrée sur ce point crucial de la négociation. Interrogé sur RMC, le ministre des Transports n'a pas donné d'indications sur l'évolution des négociations. "Il peut se passer d'ici ce soir un certain nombre d'événements", a souligné Gilles de Robien. "La négociation dure depuis déjà de nombreux jours, il y a des hauts et des bas", a expliqué le ministre français. Les deux parties "savent que la décision doit être prise le plus vite possible. Le gouvernement aura tout fait pour sauver cette entreprise", a-t-il assuré, précisant qu'il s'agit d'un "sauvetage en trois manches". "La première manche, c'est comment réaliser un bon accord pour le remboursement des dettes", a-t-il récapitulé. "Sur le plan juridique, fiscal, financier, budgétaire, tout le monde est au carré, on est prêt à signer cet accord-là". "Deuxième manche, avec les représentants du personnel; le repreneur, la société Imca, a eu des contacts, parfois assez difficiles d'ailleurs, pour essayer d'obtenir des gains de productivité. Il semble qu'un accord ait été trouvé", a poursuivi le ministre. "La troisième manche ne dépend pas de l'Etat français ni du gouvernement. Imca veut des avions plus compétitifs, 29 appareils A-319, parce qu'ils coûtent moins cher à l'heure de vol, ont une meilleure capacité (...). C'est une négociation entre une entreprise privée qui s'appelle Airbus et un repreneur privé (...). Dans cette négociation-là, l'Etat n'a pas à intervenir". Si les négociations achoppent et si Erik de Vlieger abandonne la partie, le départ d'Imca pourrait sonner l'arrêt de mort d'Air Lib. Engluée dans les problèmes financiers avec des dettes publiques qui se montent à environ 120 millions d'euros et des arriérés de paiement de charges courantes de 90 millions d'euros, la compagnie n'a plus d'alternatives de survie. Ses avions pourraient bien être définitivement cloués au sol... à moins qu'un énième coup de théâtre survienne à l'heure H.

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