Jean-François Mattei se donne les moyens de moderniser les services d'urgence

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Le gouvernement tente de reprendre la main dans la crise hospitalière. Mardi matin, le ministre de la Santé Jean-François Mattei a annoncé la mise en place d'un plan "Urgences". Ce plan quinquenal sera accompagné d'un financement de 489 millions d'euros et se veut "global". En bref, tous les domaines de la médecine urgentiste devraient être concernés: premier recours au soin, place et fonctionnement des services d'urgence, développement des services de soins de suite et retour au domicile. A noter, par ailleurs, que ce plan est indépendant des 880 millions d'euros d'investissements pour le bâti et l'équipement, prévus par le plan Hôpitaux 2007.Ce plan "Urgences" comporte plusieurs décisions d'importance, notamment la création de plus de 10.000 postes sur cinq ans en personnels "médicaux et paramédicaux", c'est-à-dire en médecins, infirmières, brancardiers et secrétaires médicales. Reste que le ministre a dû reconnaître la difficulté de recruter des médecins urgentistes. Mais Jean-François Mattei s'est voulu optimiste: les meilleures conditions de travail et la reconnaissance de la spécialité devraient attirer plus de candidats. Ces mesures seront accompagnées de renforcement dans d'autres services comme les Samu ou les Smur. 120 postes devraient être créés pour les premiers et 300 pour les seconds. Ces créations de postes coûteront 39 millions d'euros sur trois ans. Autre mesure spectaculaire, la création de 15.000 lits de sorties d'urgence. Cette décision avait déjà été annoncée lundi soir sur France 3 par Jean-François Mattei. Ces lits sont destinés à désengorger les services d'urgences et à éviter les "embouteillages" dans les autres services des établissements hospitaliers. L'annonce a été saluée par le président de la CMH, un des principaux syndicats de médecins hospitaliers, François Aubart. Mais il a prévenu: il faudra créer du personnel attribué à ces lits de sorties d'urgence. "Créer des lits en soi n'a de sens que si l'on met du personnel en face", a-t-il ajouté. Quoi qu'il en soit, Jean-François Mattei entend faire vite. Dès 2004, 150 millions d'euros seront débloqués. Un montant déjà inscrit, selon le ministre, dans l'objectif national de dépenses d'assurances maladie (Ondam). L'épée de Damoclès budgétaire reste bel et bien présente. Malgré tout, le ministre a voulu insister sur l'aspect exceptionnel du plan. "C'est un plan d'une ambition jamais égalée", a-t-il ainsi souligné. Avant d'ajouter qu'il s'agissait aussi d'une "prise de conscience" que les urgences "font partie intégrante et globale du service hospitalier".

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